Se faire de nouveaux amis

Se faire de nouveaux amis

AMIS
14 décembre 2019

L’autre jour, j’étais chez des amis, en banlieue, et la discussion portait sur la difficulté de se faire de nouveaux amis quand on a plus de 30 ans, un job à plein temps et des enfants en bas âge. Ce n’est pas l’envie qui manque, la preuve, ce couple avait invité leurs voisins puis un autre couple à dîner pour approfondir le lien mais la sauce n’avait pas pris. D’où ce constat, un peu défait, que, passé un certain âge, il est de plus en plus dur de tomber sur des gens avec qui on a des atomes crochus. Nous trouvons d’ailleurs plein d’arguments rationnels pour prouver que c’est vrai, mais est-ce vraiment le cas ? Ou avons-nous tout simplement « oublié » comment nous faire des amis ?

Une question de priorités

Quand on est enfant et que notre cercle social se limite aux voisins et aux cousins, toute nouvelle encontre est une ouverture excitante sur le monde. Ado, la camaraderie est un rempart contre le mal-être qu’on vit à cette période de grands changements hormonaux et émotionnels. On se sent plus forts à deux, trois, plusieurs et on recherche activement ces relations.

Une fois adulte, nous avons des systèmes de soutien rôdés : le couple, la famille, la bande de potes attitrée, les collègues de bureau. Le besoin d’aller vers l’autre est moins grand. Sauf si, justement, quelque chose vient perturber cet équilibre (déménagement, séparation, brouille, etc.). Soudain, une « place » se libère ou un besoin se créé et nous consentons à ouvrir notre bulle.

La recherche d’affinités

Le problème, c’est que nous ne voulons pas y laisser entrer « n’importe qui ». Nous voulons nous lier avec des gens qui nous ressemblent, qui pensent comme nous. Il n’y a rien de mal à cela, mais cette attente crée plus de séparation et de jugement qu’elle ne crée de lien. Nous rencontrons quelqu’un et tout ce qui n’est pas en accord avec notre propre système de valeurs nous saute à la figure : sa façon de s’habiller, ses goûts musicaux, ses opinions politiques, son humour, son accent même… En nous focalisant sur ces éléments de personnalité, nous passons à côté de la personne.

Nous n’avons pas toujours été aussi exigeants. Combien d’amitiés ont vu le jour pour la simple et bonne raison qu’on s’est retrouvés assis côte à côte en classe, assignés à travailler ensemble sur un exposé ou dans une file d’attente à la cantine? La relation ne s’est pas construite parce qu’on avait des points communs. On les a découverts au fur et à mesure. Nos différences ne nous semblaient pas être un frein, mais plutôt une source de curiosité et de richesse.

Ouvrir le cercle

Se faire de nouveaux amis, ce n’est pas seulement rencontrer de nouvelles personnes. C’est aussi élargir le cercle des gens qu’on souhaite y admettre. Quand on cesse de se focaliser sur ce qui nous sépare, on se rend compte de tout ce qui nous lie. Nous sommes tous des êtres humains qui faisons de notre mieux avec ce que nous avons. Nous aspirons tous à améliorer notre quotidien, protéger ceux qu’on aime, trouver un peu de sens et de plaisir…

Bien sûr, nous allons naturellement rechercher la compagnie de certains plutôt que d’autres mais pourquoi réserver le titre d’ami à une poignée de gens seulement ? Pourquoi se comporter différemment avec ceux qu’on juge « amis » et les autres ? Les uns ont droit à notre compassion et à notre compréhension, on leur trouve des circonstances atténuantes même quand ils se comportent mal envers nous. Nous leur pardonnons leurs petits défauts parce que nous connaissons leurs grandes qualités. Leur bonheur nous réjouit, leur souffrance nous touche.

Et les autres ? Les « cons », « les beaufs », « ceux dont on s’en fout »  ? Ils n’ont droit, au mieux, qu’à notre indifférence ou notre moquerie.

Loin de faire la leçon, je m’inclus dans ce constat. Je suis parfois sidérée par le nombre de jugements critiques que j‘ai sur les gens quand j’arrive dans un nouvel endroit. Il me faut faire un effort conscient pour sortir du mode « ami » / « ennemi » et me rendre compte que :

1) tout va bien, ma survie n’est pas menacée

2) ce sont juste d’autres êtres humains

3) nous avons plus de points communs que de différences

C’est là que je peux commencer à m’intéresser à eux et explorer les affinités.

Finalement, peu importe le nombre d’amis que nous avons, ce qui compte, c’est l’ami-e que nous sommes. Pour nous-mêmes, pour les « nôtres » et aussi pour les « autres ». 

Travailler avec des cons

Travailler avec des cons

AMIS
16 octobre 2019

L’ambiance au bureau est pesante en ce moment. Ça gossip en pause café, ça clashe en réunion et vous avez l’impression que le moindre geste est devenu « politique ». Quand les égos s’affrontent, ce sont les projets qui n’avancent pas. Vous tâchez de vous abstenir de faire des commentaires désobligeants mais en votre for intérieur, vous ne comprenez pas certain-e-s de vos collègues. Vous avez beau vous dire bonjour poliment tous les matins, au fond, vous ne pouvez pas la saquer. Vos valeurs clashent d’une façon qui rendent toute collaboration compliquée. Alors comment faire quand vous devez tout de même bosser ensemble ? 

Le conflit est bon pour la santé (d’un projet)

D’où nous vient cette idée qu’il ne devrait jamais y avoir de désaccord sur la façon de mener les choses, que les gens devraient se respecter et bien s’entendre en toutes circonstances ?

C’est plutôt l’inverse qui est surprenant : qu’on arrive à travailler les uns avec les autres, malgré nos différences, nos caractères bien affirmés, et nos particularités qui nous rendent parfois irritables (et irritants).

Cela ne veut pas dire qu’il faut accepter l’incivilité, la violence ou le harcèlement, mais les différences de point de vue sont une richesse. Elles permettent  par exemple d’améliorer la performance en mettant en évidence des angles morts, de générer des idées plus créatives, et d’anticiper les problèmes potentiels. Reste à savoir les accueillir…

Ne pas prendre les choses personnellement

Un feedback abrupt d’un supérieur sur le dernier projet rendu, ou un commentaire désobligeant d’une collègue sur notre attitude en réunion… Comment ne pas le prendre pour soi quand c’est clairement dirigé vers nous ?

En se rappelant que « abrupt » et « désobligeant » n’est pas une donnée objective. C’est une question d’interprétation personnelle (de même que « con »). Quelqu’un d’autre trouvera que le même feedback était efficace et que le commentaire plus maladroit que malveillant.

Quand bien même la personne en face de vous avait l’intention d’être blessante, nous choisissons la façon dont ses propos seront reçus. Vous pouvez les prendre comme un affront et réfléchir à une répartie cinglante. Vous pouvez les ignorer. Vous pouvez aussi vous demander en quoi ces propos sont pertinents et utiles pour vous. Au passage, rien ne désarme autant un interlocuteur remonté que de lui dire « Tu as totalement raison, merci de ne me le faire remarquer ! » (quand on le pense vraiment). 

Personne n’a tort

Ce qui crée vraiment le conflit, ce ne sont pas les divergences de point de vue mais le besoin d’imposer le sien. En d’autres termes, si tout le monde a raison et que personne n’a tort, alors il n’y a pas de problème. Notre éducation nous pousse à diviser le monde en deux camps : les bons et les mauvais, les winners et les losers. Il y a la bonne façon de faire et la mauvaise, mes valeurs sont meilleures que les tiennes, si je te donne raison ça veut dire que c’est moi le con. Et si on sortait de cette dichotomie ?

Cela me rappelle cette fable zen : un groupe d’aveugles encercle un éléphant pour le décrire. Celui qui se situe le plus près de la trompe dira « Un éléphant, c’est d’abord une trompe ! ». Mais celui qui est à l’arrière et qui touche la cuisse de l’animal dira « C’est faux, un éléphant, c’est d’abord cette texture rugueuse et dense que je sens du plat de la main». Chacun témoignera de son expérience directe et en cela, tout sera vrai. Plus on a de points de vue, meilleure est notre idée de ce qu’est cet « éléphant ». 

La meilleure façon de travailler avec un « con », ce n’est pas de gommer vos divergences mais d’apprendre à les respecter. Votre jugement vous empêche peut-être d’accéder à cette richesse, mais il ne tient qu’à vous d’envisager que ce « con » ne l’est peut-être pas tant que ça et qu’il ou elle a des choses très intéressantes à vous apporter ou au projet sur lequel vos collaborez.

***

Si vous avez du mal à le faire vous-même, rassurez-vous, les relations avec les autres (au travail ou ailleurs) sont exactement le genre de sujets sur lesquels on travaille en coaching. Vous voulez en savoir plus ? Faites-moi signe sur kasia@allislove.fr 

Peut-on aider quelqu’un à se sentir mieux ?

Peut-on aider quelqu’un à se sentir mieux ?

Peut-on aider quelqu’un à se sentir mieux ?
10 juin 2018

Traitez-moi d’incorrigible optimiste mais je crois que l’être humain a foncièrement bon fond. Nous nous soucions du bien-être de nos proches. Nous aimons nous sentir utiles. Quand nous voyons quelqu’un qui souffre, nous sommes touchés. Selon les personnes, cela se manifeste de différentes façons – certains vont se démener pour trouver des solutions, d’autres vont faire pleuvoir les câlins et les mots gentils, certains vont préférer laisser la personne tranquille, faute de savoir que faire. C’est plus délicat qu’il n’y paraît, d’aider quelqu’un. Surtout quand cette personne est confrontée à une situation qui nous dépasse (un deuil ou un diagnostic grave, par exemple). Combien de maladresses commises en “pensant bien faire” ? Nous sommes les premiers à nous agacer parfois des gens qui essaient de nous consoler à coup de formules toutes faites, comme si notre blues leur était insupportable. Le fait est que nous ne savons pas de quoi les autres ont besoin, et nous n’avons pas de réel pouvoir sur leurs émotions. Nous avons déjà assez de mal à savoir ce qui est bon pour nous-mêmes. Donc : non, je ne pense pas qu’on puisse aider quelqu’un à se sentir mieux. Ce n’est qu’une fois qu’on a accepté ça qu’on peut réellement commencer à aider. Voici pourquoi.

(suite…)

Faut-il aimer sans conditions ?

Faut-il aimer sans conditions ?

AMIS
22 mai 2018

C’est un de ces articles où je vous donne ma réponse dès l’intro, des fois que vous soyiez en mode #pasletemps alors que moi j’aime bien le prendre, justement. Parce que ça me fait tellement plaisir de vous écrire que j’ai envie de le faire durer 😛 Bon alors, faut-il aimer sans conditions ? l’amour inconditionnel, Yes or No ? Pour faire court : je ne sais pas si on peut vraiment parler d’amour s’il y a des conditions pré-requises… Je t’aime, ok, mais si et seulement si tu remplis un cahier des charges bien spécifique, tel que : “me faire sentir bien”, “me rendre heureux-se”, “faire ce que je veux”, “donner des nouvelles”, “savoir ce qui me fait plaisir sans que j’aie besoin de le demander”, “voter comme moi”, “avoir les mêmes goûts musicaux”, et pour peu que tu ne me donnes pas entière satisfaction, je te retirerai mon affection via une punition de mon choix, silent treatment, cold shoulder, reproche, culpabilisation ou tout simplement refus de continuer de te traiter comme un être humain. Dit comme ça, ça ne fait pas trop envie, hein ? Mais alors pourquoi écrire tout un article à ce sujet ? Parce que 1) l’amour inconditionnel fait (très, très) peur 2) l’amour “conditionnel” est plus “rassurant”, moins engageant, du coup, très souvent, c’est notre première façon d’aimer…

(suite…)

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