Arrêtez d’attendre l’inspiration

Arrêtez d’attendre l’inspiration

Arrêter d’attendre l’inspiration

2 décembre 2018

J’adore écrire des articles pour ce blog. Le simple fait d’écrire me met en joie, et ce plaisir est décuplé quand vous me dites qu’un de mes articles vous a touché. Vraiment ! Il y a tellement d’activités et de distractions disponibles (sans parler du travail et des responsabilités de chacun) que les quelques minutes que vous prenez pour me lire m’honorent. Pourtant, je publie assez peu, ce qui peut sembler paradoxal avec ce que je dis juste au-dessus. Je culpabilise parfois de ne pas être aussi régulière que je le souhaiterais (même si au fond je sais bien que ça ne change pas grand chose pour vous que je publie une fois par semaine ou une fois par mois). Le fait est que je me suis fait la promesse tacite d’écrire uniquement quand je suis inspirée et quand je me sens bien. Cela va à l’encontre de tout ce que j’ai toujours lu et entendu sur la créativité. Les véritables professionnels de la création n’écrivent pas sous le coup de leurs émotions, dit-on, c’est même ce qui distingue l’amateur du professionnel. Ils sont disciplinés et ils ne s’autoriseraient jamais à sauter une séance de travail juste parce qu’ils ne le « sentent pas ». J’admire cette constance mais force est de constater que cette approche n’a jamais fonctionné pour moi. Je ne pense pas être la seule d’ailleurs, voilà pourquoi j’écris pour vanter les vertus de la procrastination. (suite…)

Apprendre à ne rien faire

Apprendre à ne rien faire

TRAVAIL
8 novembre 2018

La semaine dernière, j’étais en vacances. Rien d’extravagant, je suis restée chez moi, à m’adonner à mon activité préférée : ne rien faire pendant quelques jours. Et par « rien », j’entends bien sûr rien de « productif », « utile » ou qui s’apparente un tant soit peu à du travail.  Eh bien, c’est moins facile qu’il n’y paraît. Ne rien faire pendant une journée, ça va, ça s’appelle un weekend, mais sur toute une semaine, ça m’a fait bizarre. Il y avait un inconfort, surtout les premiers jours. Mon cerveau attendait sa dose quotidienne d’hormones du stress, et sans deadline ou to-do-list, il s’est senti désemparé. « C’est comme ça que tu comptes passer ta semaine, allongée dans le canapé ? Tu es sûre que tu n’as pas un truc un peu plus utile ou au moins créatif à faire ? » Eh bien oui, c’est le principe d’un break ! Pas d’injonctions, pas de livrables, pas d’efforts à fournir. Une partie de moi aurait aimé que je consacre cette semaine à refaire mon book pro, à écrire plein d’articles d’avance pour le blog ou au moins à faire 1h de sport par jour. Mais il s’est avéré que lire sous la couette, comparer des modèles d’extracteurs de jus, et ranger mes placards m’a procuré plus de joie (sans parler du spa ou du shopping qui s’en est suivi…). J’ai écrit cet article pour celles et ceux qui ont encore du mal à s’octroyer ces moments rien qu’à eux, pour ceux qui ne voient pas l’intérêt de ne rien faire : ceci est pour vous !

Avez-vous remarqué qu’on ne ne fait jamais « rien » quand on ne « fait rien » ? Ce qu’on fait, c’est se faire plaisir. On s’adonne à des activités qui n’ont d’autre but que de nous rapprocher de nous-mêmes. Et ça suffit : il n’y a pas besoin de les rendre productives, de joindre « l’utile à l’agréable ». Etre et faire ne sont pas opposés : il y a de l’action dans l’Etre, et on peut prendre plaisir à Faire. Mais c’est intéressant d’observer le bouillonnement de l’Ego qui réclame une tâche, une activité, n’importe quoi pour s’occuper, pour confirmer l’identité à laquelle il est tant attaché. Cette agitation masque une vérité essentielle : l’Etre se suffit à lui-même, il n’y a rien à prouver, à produire ou à améliorer. Et c’est une douce réalisation dont le stress du quotidien nous prive.

J’ai longtemps eu peur du vide. Peur irrationnelle d’être confrontée à l’insatisfaction, au manque, à l’ennui, et tout le cortège d’émotions négatives que ça peut libérer. Par l’éducation que j’ai reçue, j’ai associé loisir et paresse pure et simple. Donc non seulement je n’arrivais jamais à vraiment déconnecter pendant les moments de détente, mais en plus, je me jugeais constamment pour ces moments « non-productifs ». Ces pensées parasitaient mon repos et m’empêchaient d’en récolter tous les fruits. Si je suis tout à fait honnête, la tentation de retourner vers ces pensées est constante, mais avec le temps, j’ai moins de mal à les écarter pour me concentrer sur des choses plus amusantes.

J’ai vraiment compris les vertus du « vide » quand j’ai réalisé que mes meilleures idées me venaient quand je ne faisais rien. Pas juste des idées d’ailleurs, des pensées, des moments eurêka et des petites épiphanies personnelles (ce que j’appelle un « tilt »). En réalité, je n’ai jamais autant d’idées créatives que quand je me détends. Ça vaut tous les brainstormings du monde. D’ailleurs, tous ceux dont le travail consiste de près ou de loin à trouver des solutions, proposer des concepts ou créer de quelque manière que ce soit, devraient envisager leurs vacances comme un investissement très précieux pour leur carrière. Pourquoi se limiter à la vie professionnelle d’ailleurs ? Dès qu’on fait un peu de place, dans sa penderie ou dans sa tête, on invite quelque chose (ou quelqu’un…) de nouveau dans sa vie.

Il y a plusieurs façons de faire le vide : se débarrasser de ce qui nous encombre ou ne nous sert plus, faire des choix qui nous amènent à renoncer au moins temporairement à certaines choses ou activités (ou personnes). D’une façon globale, c’est se détacher du monde extérieur. C’est une qualité de présence à ce qu’on fait. On écarte les distractions (les pensées ou les tâches) pour se consacrer pleinement à ce qui est devant nous, ou en nous. Faire le vide entre le monde et soi, c’est prendre conscience que nous ne sommes pas que notre environnement immédiat. Notre corps, notre métier, notre famille, même nos goûts, ne suffisent pas à nous définir entièrement. Notre santé mentale tient parfois à cette pellicule de « vide » entre notre monde extérieur et notre monde intérieur.

Le vide, c’est aussi le silence. Celui qui nous permet enfin d’entendre la voix de notre intuition, qui est souvent recouverte par le « bruit » du monde extérieur (ou de nos propres pensées). Alors il est temps de prendre un vrai moment de break. Ça peut être le temps d’un weekend, d’un jour off ou même d’une pause déjeuner. En vérité, la durée n’est pas importante, du moment que vous êtes pleinement avec vous-même. Pas besoin de partir sur une île déserte, quelques inspirations profondes, en fermant les yeux, peuvent suffire à vous propulser vers un véritable voyage intérieur 🙂 Vous m’en direz des nouvelles 😉

Faut-il faire de sa passion un métier ?

Faut-il faire de sa passion un métier ?

TRAVAIL
24 septembre 2018

Confucius, qui n’était pas le dernier des imbéciles, aurait dit : « Choisis un métier que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie ». Je m’incline devant cette phrase pleine de sagesse, même si j’émets quelques doutes sur son origine. Ce n’est pas comme si aux temps de la Chine impériale le quidam moyen avait un vaste panel d’options qui s’offrait à lui, careerwise. Mais admettons. C’est sûr que quitte à turbiner, autant essayer de kiffer au passage, la logique me semble ici imparable… Mais quand il s’agit de prendre une orientation professionnelle, je ne suis pas plus avancée. Je m’exprime au présent parce que même si je suis satisfaite du métier que je fais (un métier-passion à la base), celui-ci n’a eu de cesse de prendre des formes différentes et continue d’évoluer au moment où je vous écris. Hier : « photographe », aujourd’hui : « créatrice de contenus et consultante », qu’en sera-t-il demain ? Autour de moi, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur leur avenir professionnel. Qu’on envisage un changement de carrière ou qu’on s’inquiète de l’évolution de son métier, une chose revient systématiquement dans les aspirations de mes semblables : une quête de sens et un besoin d’authenticité. Faire un boulot, oui, mais pas n’importe lequel. Y en a marre des Bullshit jobs (ici ou ici) ! Confucius est plus d’actualité que jamais, mais transformer sa passion en métier suffira-t-il à réenchanter notre rapport au travail ?

Faire ce qu’on aime, et après ?

On kiffe quand même beaucoup plus la vie quand on fait ce qu’on aime – moi qui bosse en free-lance depuis 2011, je ne vais pas prétendre le contraire. On se sent davantage maître·sse de sa vie, on est plus motivé·e au quotidien, on accepte plus facilement les contraintes. Même les tâches ingrates nous semblent fun. D’ailleurs, si vous vous apercevez que dans une activité, c’est seulement le « produit fini » qui vous attire, alors que toutes les étapes préliminaires et intermédiaires vous semblent pénibles et fastidieuses, je ne vous conseillerais pas d’en faire votre métier car vous risquez de déchanter assez vite. Le résultat visible et tangible ne constitue bien souvent que 10% du travail réel, effectué en souterrain. Sur une semaine de travail, je passe peut-être un jour, un jour et demi à shooter / tourner, le reste du temps, je suis soit en préparation (pré-prod), soit en retouche / montage (post-prod), soit en prospection soit à l’ouest (ahah). Il vaut mieux aimer cette diversité.

A condition bien sûr que votre passion soit jobable (néologisme affreux – pardon – calqué sur l’adjectif bankable)… Tant que quelqu’un ne sera pas disposé à vous proposer de l’argent en échange de vos services, votre passion ne sera qu’un hobby. Pour cela, il vous faut apporter une solution à un problème, un bénéfice à une situation, créer de la valeur ajoutée. Cela vous place dans une posture de service et vous contraint à penser aux besoins du client avant votre petit kif perso (ou du moins, il faut que les deux soient alignés). La méthodologie de l’ikigai – ou « joie de vivre et raison d’être » en japonais vous propose justement d’identifier le sweet spot entre :
– ce que vous aimez faire
– ce que vous savez bien faire
– ce dont le monde a besoin
– ce pour quoi vous pourriez être payé

 

Quand la passion s’étiole…

Maintenant, il y a certaines choses qui ne changeront pas, même si vous faites ce que vous aimez. Choisir un métier passion ne vous met pas à l’abri du « labeur » ou des crises de sens. Vous n’échapperez pas aux phases d’ennui, de stress intense, de prises de tête avec les clients ou les prestataires, de découragement, d’à-quoi-bonisme… Résistez à la tentation de croire qu’« à partir du moment où je ferai ce que j’aime vraiment, je ne me poserai plus de questions, j’aurai juste à faire le truc et c’est bon ». Oh que non. Vous passerez des nuits sans dormir, non pas à gâcher votre bel avenir (je n’espère pas du moins), mais à vous demander si vous avez fait le bon choix, si ce choix vous convient toujours, ou s’il est l’heure d’en faire un nouveau. Sauf que, dans les moments de stress, vous n’aurez plus votre « passion » pour vous servir d’échappatoire… hashtag ironie.

Eh oui, vous ne ferez plus les choses de la même manière ni avec la même énergie quand ce sera votre « travail ». Admettons que vous aimez cuisiner, et que demain vous prenez place en tant que chef ou même commis dans un restaurant, à raison d’une dizaine d’heures par jour. Il y a des chances qu’une fois rentré·e à la maison, vous n’ayez plus trop le feu sacré pour sortir votre tablier et vous lancer dans une longue préparation juste « pour le délire » de tester des espumas de pomme de terre. Sans oublier la pression financière qui vient peser dans le game, vous stresser en fin de mois, et vous faire faire le yoyo entre projets « de coeur » mais mal-payés et les projets plus rémunérateurs mais un peu moins excitants. Voilà pourquoi certains préfèrent garder un job « alimentaire » pour nourrir leur passion plutôt que l’inverse.

Je ne suis absolument pas en train d’essayer de vous déprimer ou de vous décourager. Au contraire ! je suis la première à dire Yolo ! Faites ce qui vous plaît et le reste OSEF. Simplement, si vous envisagez de faire un virage à 180° dans votre vie (pro ou perso d’ailleurs) parce que vous avez l’impression que l’herbe est plus verte à côté, je dis prudence… Pour citer Neil Gaiman : « Wherever you go, you take yourself with you. » Alors, avant de faire tout péter, faites un petit bilan …

 

Faire ce qu’on aime ou aimer ce qu’on fait ?

Le « problème » des passions, c’est qu’elles fluctuent au gré des saisons : faut-il que je me lance dans une formation pour devenir naturopathe parce que je suis accro aux recettes sans gluten et aux mocktails ? Faire ce qu’on aime est un bon début, mais je ne suis pas sûre que ça résolve le problème du « sens » dans la vie professionnelle. Au mieux, on repart pour un cycle. Mon job me gonfle —> je change pour faire un truc qui me plaît —> ma passion devient un job à temps plein —> mon job me gonfle. Vous me direz, ça peut être le genre de soucis qu’on peut souhaiter avoir #firstworldproblems

Comment sortir de l’éternel retour de la frustration (le samsara professionel) ? J’avoue que je n’ai pas de réponse toute faite. Mais de plus en plus, je réalise que faire ce qu’on aime n’est pas aussi important qu’aimer ce qu’on fait. En faisant d’ « aimer » un verbe d’action. Aimer comme « chercher des choses à apprécier, ce qui m’enrichit ou ce que j’apprends dans n’importe quelle situation ». Aimer comme « créer et apporter la passion qui semble cruellement manquer, plutôt que d’attendre de les trouver en dehors de moi».

Il ne s’agit pas de se convaincre de rester dans une situation intenable, simplement de se souvenir qu’on n’est pas obligé·e·s de souffrir le martyre pour partir. On peut kiffer son job et malgré tout décider qu’il est temps de passer à autre chose. N’est-ce pas d’ailleurs le best case scénario ? Partir joyeusement parce qu’un autre projet nous appelle comme une évidence, plutôt que de fuir une situation devenue intenable ? Et quand il est humainement impossible de kiffer le moindre aspect de son job et qu’on ronge son frein en attendant de pouvoir trouver mieux, il est encore possible d’apprécier la liberté que nous avons aujourd’hui, liberté assez récente à l’égard de l’histoire du Travail, de pouvoir changer de boulot et de vie, de se réinventer au gré de nos envies de faire des folies comme, par exemple, de tout plaquer pour faire de sa passion un métier…

Est-ce important d’atteindre ses objectifs ?

Est-ce important d’atteindre ses objectifs ?

TRAVAIL
10 septembre 2018

La rentrée est souvent synonyme de résolutions et d’objectifs que nous nous fixons. Moi la première, je suis rentrée de vacances avec une énergie nouvelle que j’ai eu envie de réinvestir dans mes projets. Voici une liste non exhaustive (quoique légèrement exhausting) :

  • Publier deux fois par semaine sur ce blog
  • Écrire un nouveau livre
  • Créer une chaîne Youtube. Ou un Podcast.
  • Aller courir 3 fois par semaine, nager 1 fois par semaine, et marcher tous les jours
  • Faire du yoga le matin
  • Faire une détox (pas de gluten, pas de laitages, pas de sucres raffinés, pas de café, pas d’alcool) sur un mois, avec reconduction possible.
  • Créer tous les jours quelque chose, qu’il s’agisse d’un dessin, d’une photo, d’un texte…

(suite…)

Peut-on ne faire que ce qu’on veut ?

Peut-on ne faire que ce qu’on veut ?

TRAVAIL
7 mai 2018

Est-il possible de se débarrasser de toute contrainte ? Vous avez 4h… Haha. J’ai toujours pris la philo très à coeur, mais genre, au pied de la lettre. J’y vois plus qu’un simple jeu conceptuel, les réponses m’intéressent vraiment parce que ce sont des questions que je me pose dans ma propre vie. Je ne crois pas qu’il existe des réponses absolues et définitives d’ailleurs. Le principal je crois, c’est de choisir les idées qui vous permettent de vous sentir bien et de vivre mieux. Cette semaine, l’idée que j’ai envie de mettre à l’honneur et de partager avec vous est celle d’une vie sans contrainte, où on ne fait que ce qu’on veut.

(suite…)

Pin It on Pinterest