Apprendre à ne rien faire

Apprendre à ne rien faire

STRESS
8 novembre 2018

La semaine dernière, j’étais en vacances. Rien d’extravagant, je suis restée chez moi, à m’adonner à mon activité préférée : ne rien faire pendant quelques jours. Et par « rien », j’entends bien sûr rien de « productif », « utile » ou qui s’apparente un tant soit peu à du travail.  Eh bien, c’est moins facile qu’il n’y paraît. Ne rien faire pendant une journée, ça va, ça s’appelle un weekend, mais sur toute une semaine, ça m’a fait bizarre. Il y avait un inconfort, surtout les premiers jours. Mon cerveau attendait sa dose quotidienne d’hormones du stress, et sans deadline ou to-do-list, il s’est senti désemparé. « C’est comme ça que tu comptes passer ta semaine, allongée dans le canapé ? Tu es sûre que tu n’as pas un truc un peu plus utile ou au moins créatif à faire ? » Eh bien oui, c’est le principe d’un break ! Pas d’injonctions, pas de livrables, pas d’efforts à fournir. Une partie de moi aurait aimé que je consacre cette semaine à refaire mon book pro, à écrire plein d’articles d’avance pour le blog ou au moins à faire 1h de sport par jour. Mais il s’est avéré que lire sous la couette, comparer des modèles d’extracteurs de jus, et ranger mes placards m’a procuré plus de joie (sans parler du spa ou du shopping qui s’en est suivi…). J’ai écrit cet article pour celles et ceux qui ont encore du mal à s’octroyer ces moments rien qu’à eux, pour ceux qui ne voient pas l’intérêt de ne rien faire : ceci est pour vous !

Avez-vous remarqué qu’on ne ne fait jamais « rien » quand on ne « fait rien » ? Ce qu’on fait, c’est se faire plaisir. On s’adonne à des activités qui n’ont d’autre but que de nous rapprocher de nous-mêmes. Et ça suffit : il n’y a pas besoin de les rendre productives, de joindre « l’utile à l’agréable ». Etre et faire ne sont pas opposés : il y a de l’action dans l’Etre, et on peut prendre plaisir à Faire. Mais c’est intéressant d’observer le bouillonnement de l’Ego qui réclame une tâche, une activité, n’importe quoi pour s’occuper, pour confirmer l’identité à laquelle il est tant attaché. Cette agitation masque une vérité essentielle : l’Etre se suffit à lui-même, il n’y a rien à prouver, à produire ou à améliorer. Et c’est une douce réalisation dont le stress du quotidien nous prive.

J’ai longtemps eu peur du vide. Peur irrationnelle d’être confrontée à l’insatisfaction, au manque, à l’ennui, et tout le cortège d’émotions négatives que ça peut libérer. Par l’éducation que j’ai reçue, j’ai associé loisir et paresse pure et simple. Donc non seulement je n’arrivais jamais à vraiment déconnecter pendant les moments de détente, mais en plus, je me jugeais constamment pour ces moments « non-productifs ». Ces pensées parasitaient mon repos et m’empêchaient d’en récolter tous les fruits. Si je suis tout à fait honnête, la tentation de retourner vers ces pensées est constante, mais avec le temps, j’ai moins de mal à les écarter pour me concentrer sur des choses plus amusantes.

J’ai vraiment compris les vertus du « vide » quand j’ai réalisé que mes meilleures idées me venaient quand je ne faisais rien. Pas juste des idées d’ailleurs, des pensées, des moments eurêka et des petites épiphanies personnelles (ce que j’appelle un « tilt »). En réalité, je n’ai jamais autant d’idées créatives que quand je me détends. Ça vaut tous les brainstormings du monde. D’ailleurs, tous ceux dont le travail consiste de près ou de loin à trouver des solutions, proposer des concepts ou créer de quelque manière que ce soit, devraient envisager leurs vacances comme un investissement très précieux pour leur carrière. Pourquoi se limiter à la vie professionnelle d’ailleurs ? Dès qu’on fait un peu de place, dans sa penderie ou dans sa tête, on invite quelque chose (ou quelqu’un…) de nouveau dans sa vie.

Il y a plusieurs façons de faire le vide : se débarrasser de ce qui nous encombre ou ne nous sert plus, faire des choix qui nous amènent à renoncer au moins temporairement à certaines choses ou activités (ou personnes). D’une façon globale, c’est se détacher du monde extérieur. C’est une qualité de présence à ce qu’on fait. On écarte les distractions (les pensées ou les tâches) pour se consacrer pleinement à ce qui est devant nous, ou en nous. Faire le vide entre le monde et soi, c’est prendre conscience que nous ne sommes pas que notre environnement immédiat. Notre corps, notre métier, notre famille, même nos goûts, ne suffisent pas à nous définir entièrement. Notre santé mentale tient parfois à cette pellicule de « vide » entre notre monde extérieur et notre monde intérieur.

Le vide, c’est aussi le silence. Celui qui nous permet enfin d’entendre la voix de notre intuition, qui est souvent recouverte par le « bruit » du monde extérieur (ou de nos propres pensées). Alors il est temps de prendre un vrai moment de break. Ça peut être le temps d’un weekend, d’un jour off ou même d’une pause déjeuner. En vérité, la durée n’est pas importante, du moment que vous êtes pleinement avec vous-même. Pas besoin de partir sur une île déserte, quelques inspirations profondes, en fermant les yeux, peuvent suffire à vous propulser vers un véritable voyage intérieur 🙂 Vous m’en direz des nouvelles 😉

Etes-vous stressé chronique ?

Etes-vous stressé chronique ?

STRESS
23 octobre 2018

C’est l’histoire de trois prisonniers qui veulent s’évader. Chacun procède de façon différente : le premier tente de trouver un passage secret, le deuxième veut s’attirer les bonnes grâces des gardiens, le troisième commence à creuser un tunnel dans sa cellule. Lequel d’entre eux s’évadera en premier ? Réponse du Maître zen : Celui qui sait qu’il est en prison. Des façons de lutter contre le stress, il y en existe des simples, des efficaces, mais ça, c’est déjà l’étape 2, c’est le plan d’action. L’étape 1, c’est la prise de conscience. Vous vous demanderez peut-être comment il est possible d’être stressé·e sans le savoir. Après tout, c’est un ressenti corporel très fort, non? Non ? Eh bien pas que. L’un des dangers du stress chronique c’est qu’il altère notre perception du monde, il nous coupe d’une partie de nous-mêmes, si bien que nous passons en mode « survie » sans nous en rendre compte. Vos capacités sont amoindries, vous n’entendez plus la voix de votre intuition, vous n’aimez pas vraiment la vie que vous menez… Si cela vous semble familier, lisez ce qui suit.  (suite…)

Êtes-vous perfectionniste du bien-être ?

Êtes-vous perfectionniste du bien-être ?

STRESS
2 octobre 2018

La « Wellness » est devenue mainstream. Les rayons de la Fnac se remplissent d’ouvrages de développement personnel. Des magazines dédiés à la pleine conscience et à la créativité viennent relancer l’industrie de la presse écrite. Les coachs sportifs, comme Lucille Woodward ou Erwann Menthéour, deviennent des people. D’un côté, je suis très contente que ce mouvement trouve enfin un écho auprès du grand public. Je peux enfin acheter les livres de Joe Dispenza ou de Deepak Chopra sans rougir. Je trouve des options véganes ou sans gluten plus facilement dans les restos… Et puis ce blog (!) qui n’est pas là tout à fait par hasard. D’un autre côté, j’observe la montée en force de nouveaux standards du bien-être, photos Instagram à l’appui, qui font péter des carcans pour mieux en imposer d’autres. Buvez du jus de citron à jeun ! Levez-vous à 5h tous les matins ! Méditez pendant 20 minutes ! Supprimez le sucre de votre alimentation ! La liste des choses « à faire » pour, paraît-il, ne pas mourir d’un cancer à 45 ans, ne cesse de s’allonger… Certains, découragés par la montagne à déplacer, s’enferment dans le déni (« De toute façon on va tous crever !»), quand d’autres frôlent l’orthorexie (« désolé, je ne bois que de l’eau qui a été infusée dans des cristaux »). Ce qui est sûr, c’est qu’on peut vite se sentir coupable ou angoissé·e de ne pas en faire assez. Et une nouvelle dose de stress, tiens ! Il s’agissait plutôt de le réduire, celui-là… Alors que faire quand la quête du bien-être nous fait du mal ? Prenez une grande inspiration déjà, et lisez cet article. (suite…)

Comment rester présent dans la tempête ?

Comment rester présent dans la tempête ?

STRESS
1 juin 2018

Sur le papier, tout le monde s’accorde à dire que vivre le moment présent est quand même ce qu’il y a de mieux à faire. Ça fait partie de ces vérités pleines de bon sens généralement acceptées, au même titre que “dormir 8h par jour” ou “boire 1l d’eau”. Oui mais. C’est tellement plus facile de profiter du présent quand on est sur une plage, les doigts de pied en éventail. Là, on peut lire le Pouvoir du moment présent, d’Eckart Tolle et acquiescer à chaque phrase. Tout le challenge est de kiffer le moment quand c’est le milieu de l’hiver, qu’il fait froid et moche et que “rien ne va”. Le vrai risque, ce n’est pas tellement de sortir du présent mais d’être mal, tout court. C’est de dénigrer ce qu’il y a devant soi, en ramenant tout à son aspect le plus négatif (la migraine, la rupture, le découvert ou le chômage), au point où ça masque tout le reste. Alors, voici 3 outils, qui sont comme 3 formules magiques, pour vous permettre de retrouver du feel-good rapidement, dans n’importe quelle situation, aussi merdique vous paraisse-t-elle.

(suite…)

Rendez-vous les choses plus difficiles qu’elles ne le sont ?

Rendez-vous les choses plus difficiles qu’elles ne le sont ?

Et si c’était facile ?
13 mai 2018

Aimeriez-vous savoir comment travailler plus vite, avoir des idées plus percutantes et trouver des solutions plus rapidement ? Le tout sans pilule (ou appli) miracle…

Le secret de la créativité et de la productivité n’est pas très sexy mais il est accessible à chacun : il s’agit de votre capacité de concentration. Plus exactement, d’un état de concentration maintenu pendant une durée significative, qui permet d’accéder à votre « zone de génie » (ou état de flow). Encore faut-il arriver à se concentrer quand le monde entier conspire pour vous distraire. A commencer par votre messagerie et vos collègues (ou votre conjoint…).

Alors oui, vous pouvez couper les notifications sur votre téléphone, mais que faire contre les interruptions extérieures ? 

Quand j’étais étudiante, j’aimais aller travailler à la bibliothèque universitaire. C’est un endroit silencieux, où l’on n’entend que le bruit des pages qui se tournent ou des doigts sur le clavier. Il y a toujours quelqu’un en charge pour maintenir le calme en « chutant » les bavards.

Ce n’est pas tant que le silence est propice à la concentration. D’ailleurs j’aime aussi travailler dans les cafés pour les raisons opposées : tous les sons se fondent comment une paroi qui me met dans une bulle de travail.

C’est que chaque interruption nous fait perdre du temps et le fil de nos pensées. Il paraît qu’au bureau, on est interrompu en moyenne toutes les 11 minutes : pas étonnant que la productivité soit meilleure en télétravail !

On pourrait avoir l’impression que la concentration est un état précaire, impossible à atteindre dans un open space ou dans une pièce avec des enfants qui jouent. Je ne dis pas que c’est l’idéal pour travailler, mais il existe de nombreux contre-exemples pour nous montrer que c’est possible.

On pense que ce sont les autres qui nous interrompent, quand en réalité, c’est nous qui nous laissons interrompre. Ça peut paraître minime mais c’est toute la différence entre quelqu’un qui n’arrive pas à se concentrer à moins d’être dans le silence complet et quelqu’un qui arrive à travailler quelles que soient les circonstances. Cela pourrait être vous.

Partez du principe que :

  1. la concentration est votre état naturel quand vous vous mettez au travail. Un peu comme le sommeil est votre état naturel la nuit, quand vous êtes fatigué-e. Vous n’avez rien de particulier à faire, à part ne pas vous laisser déconcentrer
  2. personne ne peut vous déconcentrer, c’est vous qui décidez de détourner votre attention (quelquefois avec raison : s’il y a une détonation ou un bruit alarmant autour de vous, il est bon de pouvoir sortir de votre « flow »)

Demandez-vous pourquoi vous vous laissez distraire aussi facilement.

Voici mes raisons :

  • Un message sur mon téléphone me fait plus plasir que de faire ma compta (gratification immédiate VS bénéfice lointain)
  • quand je n’y arrive pas du premier coup (faible résistance à la frustration)
  • quand j’ai envie de faire autre chose (procrastination)
  • quand j’ai faim (hypoglycémie)

En revanche, je me laisse rarement distraire par les autres. J’ignore les mails entrants ou les appels (sauf urgence). Quand on me demande quelque chose, je fais des réponses aussi courtes que possible, et, j’avoue, je suis cette personne « désagréable » qui vous demande si vous pouvez parler moins fort (ou qui met des boules quiès).

En fait, la capacité à se concentrer est directement corrélée à notre capacité à dire non. Non à la gratification immédiate, non aux requêtes des autres, non à la peur de froisser quelqu’un ou qu’on ait une mauvaise opinion de vous. C’est la monnaie d’échange pour travailler mieux et moins, mais aussi, et surtout, pour être pleinement nous-mêmes et créer ce qu’on a envie.

***

Une meilleure concentration, c’est l’un des nombreux bénéfices d’un coaching. En apprenant à accepter vos pensées sans vous laisser envahir par elles, vous vous laisserez moins déconcentrer par toutes ces phrases dans votre tête qui vous disent : « Laisse-tomber » « C’est impossible » « Tu n’y arriveras pas ». Commencez dès aujourd’hui : je vous attends sur 😊 kasia@allislove.fr 

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