Est-ce votre intuition ou votre peur qui vous parle ?
30 avril 2018

Une des surprises de la vie intérieure est de découvrir qu’on n’est jamais vraiment seul-e avec soi-même ! Toutes sortes de voix s’expriment en nous : la voix de la Raison, celle de l’Enfant intérieur, le Démon de la Tentation (le fameux “allez, un dernier verre pour la route !” qu’on connaît bien..) et son acolyte, le Juge impitoyable (“Je t’avais dit de ne pas boire autant hier soir…”). Ce concert de voix différentes peut parfois virer à la cacophonie, voire nous paralyser quand on a une décision à prendre. Heureusement, il y a notre Intuition, qui est là pour nous guider… à condition de la reconnaître ! Quand deux voix distinctes nous disent des choses contraires, comment savoir laquelle vient de l’Intuition et laquelle vient de la Peur (peur de l’échec, de la souffrance, de l’inconnu…) ? Je vous propose un outil pour l’identifier à coup sûr.

 

Définitions

Prenons une situation concrète pour que ce soit plus clair : alors que vous ronronnez très confortablement dans votre boîte, on vous propose le poste de vos rêves, youpi ! Le hic : c’est dans une start-up, ce qui impliquerait de quitter votre cocon corporate et de vous lancer dans une aventure pleine d’inconnu-e-s. Entre la voix qui dit “Vas-y, fonce, c’est l’occasion que tu attendais !” et celle qui dit “Attention, c’est un projet foireux et tu vas te retrouver au chômage dans un mois !”, comment savoir laquelle nous veut vraiment du bien ?

Voici un autre exemple : vous venez de rencontrer quelqu’un, ça ne fait que quelques semaines (jours ?) que vous vous fréquentez. Bien que vous appréciez cette personne qui vient d’entrer dans votre vie, vous n’êtes pas sûr-e que vous soyez compatibles “sur le long terme”. Une voix vous dit que cette relation n’a pas d’avenir et que vous feriez mieux d’arrêter, tandis qu’une autre vous enjoint à vivre le moment présent, sans vous poser trop de questions. Là aussi, que faire ?

Avant de vous expliquer comment je procède dans ce genre de situations, permettez-moi de vous dire plusieurs choses :

  • Il n’y a pas d’un côté un “bon” choix, et d’un autre un “mauvais” choix. Tous les choix sont bons à partir du moment où vous les faites (mais je développerai ça dans un autre article de blog ;-)). La Peur ne dit pas que des conneries, et l’Intuition peut se tromper. Aller à gauche ou à droite, avancer ou reculer, il n’y a que des décisions à prendre. Reste à savoir où vous voulez aller.
  • Il n’y a pas de règles universelles ou de réponses toutes faites, il n’y a que des cas particuliers, avec des paramètres uniques. Vous seul-e savez ce qui est bon pour vous. Ce n’est pas parce qu’une amie a vécu une expérience similaire et que cela s’est terminé d’une façon décevante ou douloureuse (pour elle), que cela vous expose à la même chose. Vous êtes unique, et votre situation aussi !
  • l’Intuition n’est pas une boule de cristal qui prédit votre avenir. Voyez-la comme un algorithme très fin, qui compile une multitude de données et de paramètres, certains rationnels, d’autres plus mystérieux, pour nous aiguiller dans la direction la plus “alignée” avec nos désirs profonds.

La différence entre l’Intuition et la Peur

La voix de l’Intuition et la voix de la Peur ont une chose en commun : elles veulent toutes les deux notre bien. Après tout, c’est la Peur qui nous alerte des dangers, qui nous permet d’anticiper les situations à risque et qui assure, ainsi, notre survie. C’est son “job” d’imaginer le worst case scenario, on ne va pas le lui reprocher. C’est un son de cloche qui peut être intéressant à entendre. Mais si on se conformait toujours à ses conseils, on ne prendrait jamais le moindre risque et la vie serait beaucoup plus ennuyeuse et triste. L’image de la Peur, pour moi, c’est celle d’une Maman über-protectrice, très bien intentionnée, mais qui, par précaution, privera son petit d’une expérience dont il aurait besoin pour s’épanouir, plutôt que de l’exposer à une situation où il pourrait être blessé ou pire.

L’Intuition, elle, connaît nos désirs profonds, et est orientée “bigger picture”. Elle ne nous indique pas toujours le choix le plus confortable ou le plus “safe”, mais celui qui, à terme, nous épanouira le plus. Quitte à rencontrer quelques difficultés en chemin. L’Intuition nous fait confiance : elle sait qu’on a toutes les ressources pour les surmonter. Je vais prendre ici une autre image, celle de la Maman Chat qui apprend à ses petits à chasser, en leur donnant l’exemple puis en les laissant, progressivement, se débrouiller tous seuls, quitte à les exposer à quelques griffures / morsures.

Comment prendre la “bonne” décision ?

Alors, comment faire la part des choses entre ces deux voix si bien intentionnées (on en oublierait presque que tout ceci se passe à l’intérieur de nous…) ?

  1. Ecoutez ce que chacune a à dire, tel un observateur neutre qui entend les deux parties avant de donner son avis. Tenez un conciliabule intérieur ou bien notez cela dans un carnet, le principal, c’est de laisser le “message” s’exprimer sans juger.
  2. Evaluez laquelle des deux propositions est le plus en accord avec vos valeurs profondes, celle qui est la plus authentique avec qui vous êtes (même si elle vous rend moins “cool” que ce que vous pensiez).
  3. Demandez-vous si cette décision vous apporte de la paix. Pour moi, c’est un truc infaillible. Je sais que j’ai pris la “bonne” décision (“bonne” dans le sens “bonne pour moi, à ce moment-là de ma vie”), quand j’éprouve un soulagement rapide, un sentiment d’alignement, bref, quand je me sens mieux. Si la décision que vous envisagez de prendre vous tord le bide, vous réveille la nuit, ou vous fait vous poser encore plus de questions, alors ce n’est peut-être pas celle qui vous convient, à vous, à ce moment-là de votre vie.

Au final, la véritable question c’est : “comment souhaitez-vous vivre votre vie ?” Etes-vous dans une phase d’autoconservation (qui va jouer sur la sécurité, et ne pas vous faire prendre de risques inutiles) ou dans une phase de croissance (qui va vous permettre, entre autres, de développer de nouvelles capacités) ? Souvenez-vous, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, et celle-ci peut varier selon les moments de la vie. Une chose est sûre en tous cas : plus on s’écoute, mieux on s’entend !

Pin It on Pinterest

Share This