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Rendez-vous les choses plus difficiles qu’elles ne le sont ?

13 mai 2018

La porte de la cave de mon immeuble a une serrure récalcitrante. La clé reste bloquée et ne peut bouger ni vers la droite ni vers la gauche, à moins d’un grand effort à base de muscle du poignet. Il faut vraiment forcer pour pouvoir déplacer le pêne et quand je dis forcer, c’est passer cinq minutes à lutter, à s’en faire mal aux doigts, avec le risque de casser la clé. Comme j’ai un papa bricoleur, je lui montré cette porte, des fois qu’il puisse faire quelque chose. Il a pris ma clé, l’a insérée dans la serrure et l’a fait tourner dans un sens et dans l’autre sans la moindre gêne. “Je ne vois pas où est le problème.” Incrédule, j’ai réessayé à mon tour. La clé est bloquée. “Mais regarde, ça ne marche pas !”. “C’est parce que tu forces trop”, me dit-il, en me remontrant son geste. Je teste à nouveau, cette fois sans appliquer la moindre force, mais en remontant la clé légèrement vers le haut. La porte s’ouvre alors le plus simplement du monde. Depuis ce moment, chaque fois que je descends à la cave pour prendre mon vélo (soit plusieurs fois par semaine..), cette maudite serrure me rappelle qu’en toute situation, j’ai toujours le choix entre deux façons d’aborder les choses :

  • une façon compliquée et douloureuse
  • une façon simple et facile

Nous sommes tellement habitués à s’entendre dire, à répéter nous-mêmes, que “la vie est une dure lutte”, qu’on n’a rien sans rien, qu’il faut travailler très dur pour espérer obtenir le moindre résultat, que nous l’avons acquis pour principe de base. La vie, par défaut, est difficile, donc on n’est pas surpris quand c’est effectivement le cas. Limite, c’est devenu une valeur qu’on arbore fièrement, comme des blessures de guerre “Moi, tu sais, j’en ai chié…”.

L’anomalie, c’est quand les choses semblent faciles. On se méfie, on cherche l’entourloupe, on s’attend à ce que ça ne dure pas. “Ce contrôle m’a paru beaucoup trop facile, j’ai dû mal comprendre les questions.” “Ce mec est trop génial pour être vrai, il doit avoir un vice caché.” “Cet appart est super beau, dans mon budget, et le proprio est cool, c’est quoi l’arnaque ?”

Et si c’était l’inverse ? Et si l’arnaque, c’était justement d’en chier en permanence ? Considérez un moment cette idée. Que le mode “par défaut” de la vie est l’aisance. Le Flow. Imaginez le courant tranquille d’une rivière vers l’océan. Les choses coulent de source, pas besoin de gesticuler, il suffit juste de se laisser porter, de donner un léger coup de rame pour orienter la barque, à la rigueur. Ce que vous voulez vous vient naturellement. Vous accomplissez les tâches même les plus complexes sans lutter. Vous n’avez pas besoin de faire de régime parce que votre corps est parfaitement régulé. Vos relations avec les autres sont fluides, la communication est simple, vous vous sentez compris-e, aimé-e, respecté-e, sans avoir besoin de “forcer” la compréhension, l’amour, et le respect.

“Je vois où tu veux en venir, Kasia, mais dans la vie, ça ne peut pas être simple en permanence, il y a forcément des étapes difficiles et douloureuses à passer. Ne serait-ce que le processus de croissance. Quand les dents poussent, ça fait mal. Quand j’apprends quelque chose de nouveau, je commence par rager parce que je ne comprends rien et que je me sens stupide.”

Je suis d’accord avec cette idée. Il y aura toujours une serrure qui coince dans votre vie (amis de la métaphore, bonjour 👋). Mais il ne s’agit pas de faire uniquement les choses objectivement faciles. Par exemple, se contenter de sudoku niveau 1-2 parce que les 5-6 demandent trop d’énergie cérébrale.

La “facilité” dont je parle est un ressenti subjectif. Quand vous avez appris à marcher, je parie que vous ne vous êtes pas levé-e d’un coup sur vos petites jambes dodues de bébé. Il y a des chances que vous ayez pleuré de rage parce que la tâche vous semblait impossible. Et aujourd’hui, c’est une action aussi simple que de respirer. L’aisance vient souvent avec la pratique, la frustration et le découragement sont parfaitement acceptables bien sûr, mais pas obligatoires. Vous pouvez, et ce à n’importe quelle étape du parcours, aborder les circonstances avec aisance, simplicité, et grâce, si j’ose dire.

Si vous avez du mal à y croire – ce que je comprends, cela va tellement à l’encontre de la façon dont nous avons été éduqués – essayez au moins d’envisager la possibilité que ça puisse être vrai. Face à un problème, face à l’indécision ou la confusion, demandez-vous : “Si c’était facile, admettons, comment m’y prendrais-je… ?”

  • Si c’était facile, comment m’y prendrais-je pour réaliser ce projet ?
  • Si c’était facile, comment m’y prendrais-je pour retrouver du travail ?
  • Si c’était facile, comment m’y prendrais-je pour dire à cette personne que je souhaite rompre ?

“Ok Kasia, j’admets que ça peut marcher dans certaines situations, mais là, je suis face à un problème insoluble, j’ai beau le retourner dans tous les sens, je ne vois pas de solution simple.” Quelle que soit la situation, il existe toujours une autre façon de procéder. Si vous ne la voyez pas, changez de perspective. Prenez du recul. Choisissez un autre angle d’approche. Think outside of the box.

Vous vous rappelez de ce qu’est un noeud gordien ? C’est ce qu’on appelle un problème insoluble. Il y avait au royaume phrygien un noeud qui liait le timon du char du roi Midas. La prophétie disait que quiconque parviendrait à le dénouer deviendrait maître de l’Asie. Un jour, Alexandre le Grand s’est présenté devant le fameux noeud, qui avait mis en échec des générations d’Arsènes Lupins du cordage. De nature irascible et impatiente, il fut vite agacé par ce problème qui l’empêchait d’étendre son empire. Alors, d’un coup d’épée, il trancha le noeud, libérant le char et accomplissant la prophétie. J’imagine bien la tronche des oracles et des officiels phrygiens qui ont assisté à ce spectacle.

  • “C’est de l’anti-jeu ! il n’a pas respecté les règles ! On ne peut pas remettre le royaume à ce barbare !”
  • “Bah ouais, Roger, mais techniquement, le char est libéré, donc bon… Une prophétie est une prophétie, cochon qui s’en dédit !”

La solution la plus simple est parfois celle qu’on voit le moins. Dire “Non”, dire “Je ne sais pas”, dire “J’ai peur”. Demander de l’aide. Demander pardon. Demander un numéro de téléphone. Accepter de déléguer. Accepter de payer plus (pour gagner du temps ou du confort). Accepter d’attendre.

Alors, ne vous faites plus arnaquer, les amis ! “N’entrez pas docilement dans cette douce nuit”, comme dirait Dylan Thomas (#EspritsRebelles). Soyez bienveillant-e-s avec vous-mêmes : si c’est pénible et douloureux, prenez ça comme un signal d’alerte, non comme une confirmation de la direction normale des choses. La lutte est toujours optionnelle (cf. article précédent)

Acceptez l’invitation à changer de perspective. Cette semaine, demandez-vous dans quels domaines de votre vie aimeriez-vous voir plus d’aisance et de flow ? Que pouvez-vous simplifier ? Quels sont vos noeuds gordiens qui attendent d’être tranchés ?  Comment vous y prendriez-vous si c’était facile ? Tout en douceur. Avec le courant. #gowiththeflow

 

Bienvenue

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Vous avez des idées, des envies, des projets plein la tête, mais du mal à passer à l’action ? Vous êtes au bon endroit !

Vous découvrirez comment dépasser le stress, le doute et la procrastination, accéder à vos talents cachés et créer tout ce dont vous rêvez 🖤

Kasia