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Etes-vous stressé chronique ?
23 octobre 2018

C’est l’histoire de trois prisonniers qui veulent s’évader. Chacun procède de façon différente : le premier tente de trouver un passage secret, le deuxième veut s’attirer les bonnes grâces des gardiens, le troisième commence à creuser un tunnel dans sa cellule. Lequel d’entre eux s’évadera en premier ? Réponse du Maître zen : Celui qui sait qu’il est en prison. Des façons de lutter contre le stress, il y en existe des simples, des efficaces, mais ça, c’est déjà l’étape 2, c’est le plan d’action. L’étape 1, c’est la prise de conscience. Vous vous demanderez peut-être comment il est possible d’être stressé·e sans le savoir. Après tout, c’est un ressenti corporel très fort, non? Non ? Eh bien pas que. L’un des dangers du stress chronique c’est qu’il altère notre perception du monde, il nous coupe d’une partie de nous-mêmes, si bien que nous passons en mode « survie » sans nous en rendre compte. Vos capacités sont amoindries, vous n’entendez plus la voix de votre intuition, vous n’aimez pas vraiment la vie que vous menez… Si cela vous semble familier, lisez ce qui suit. 

Les différents niveaux de stress

  • Il y a le stress ressenti face à un « danger imminent » : Votre système nerveux sympathique transmet à vos organes l’ordre de se préparer à fuir ou à combattre. C’est l’électricité qui vous parcourt quand vous manquez de vous faire écraser par un chauffard au passage piéton, vos boyaux qui se tordent quand un « Il faut qu’on parle » s’affiche sur votre téléphone, ou l’agitation qui s’empare de vous quand vous ne retrouvez plus vos clés (ou votre portefeuille). Notre corps est assez bien équipé pour gérer le « fight or flight », surtout qu’il est limité dans le temps et suivi d’une phase de « détente ». C’est un stress qui, à petites doses, peut être enrichissant : c’est parfois au pied du mur que nous nous découvrons des capacités physiques ou intellectuelles insoupçonnées.
  • Ensuite, il y a le fameux « coup de stress ». Votre cerveau ne fait pas la différence entre une menace immédiate et une situation future qui est perçue comme menaçante. Il n’y a pas vraiment de danger imminent, mais une échéance redoutée qui arrive à grand pas : un examen (scolaire ou médical), une discussion importante, une charrette au boulot, etc.. Les quelques jours / semaines qui précèdent, on dort moins bien, on mange mal, on peut être à fleur de peau, excessivement angoissé·e et avoir du mal à prendre le moindre plaisir par ailleurs. Une fois l’échéance passée, ce stress disparaît en général de lui-même. Mais pas toujours.
  • Le stress chronique s’installe alors. Vous vivez en mode « survie ». Votre système nerveux sympathique vous maintient constamment prêt·e pour la fuite ou pour la bagarre. Vos glandes surrénales produisent du cortisol en permanence, ce qui épuise votre organisme, acidifie votre sang et perturbe votre coeur.  Les effets du stress chronique sur notre santé sont dévastateurs. C’est réellement l’ennemi de santé publique numéro 1. Avec le développement des neurosciences, on se rend compte qu’il impacte aussi notre personnalité.

Comment le stress chronique altère notre personnalité

  • vous êtes coupé de votre corps : Comme un enfant qui ne veut pas aller se coucher, sous prétexte qu’il n’est pas fatigué (alors que si, vous le savez bien qu’il est épuisé, le pauvre chérubin), vous avez du mal à estimer vos limites physiques. Perso, j’en perds ma coordination et deviens très maladroite (je n’arrête pas de me couper, de me cogner ou de casser des objets). La faim, la fatigue, la douleur, toutes les sensations qui vous rappellent à votre corps, sont mises en sourdine, voire ignorées, un peu comme le signal de la faim, qui au bout d’un moment disparaît. Et vous avancez comme ça, jour après jour, vers le burn-out. Parfois, il n’y a que la maladie ou l’accident pour vous arrêter.
  • votre horizon se rétrécit : Chaque journée ressemble à la précédente, en pire. Vous vous sentez pris·e au piège, même si vous n’êtes pas physiquement enchaîné·e. Vos seules options disponibles se résument « Marche ou Crève ». En tous cas c’est l’impression que vous avez. Vos capacités intellectuelles, créatives, physiques, émotionnelles sont réduites. Vous êtes incapable de prendre du recul sur une situation et trouver des solutions alternatives. La vie n’est qu’une lutte permanente. Ce n’est franchement pas étonnant que dans ces conditions, vous vous sentiez complètement déprimé·e.
  • vous n’êtes plus tout à fait vous-même : En mode « survie », notre pensée devient binaire. Qui n’est pas avec moi est mon ennemi. Les disputes et les accrochages permanents détériorent vos relations. Vous-même, vous ne vous reconnaissez plus. Vous avez déjà été de mauvaise humeur, mais là, c’est autre chose, c’est de la rage pure que vous trimballez au quotidien. Vous avez l’impression d’être une bombe à retardement, et vous redoutez le moment où « ça va péter » (vous ne voudriez pas être à la place de ceux qui seront là pour y assister, et en même temps, c’est un peu de leur faute aussi, ils vous agacent tellement !). C’est comme si vous n’étiez plus aux commandes de votre vie. D’un point de vue neurologique, c’est exactement ce qui se passe. En mode survie, le cerveau limbique prend le pas sur le lobe frontal (qui est le siège de votre personnalité). Vous êtes réduit·e à une série d’automatismes et de réactions inconscientes, qui échappent à votre libre-arbitre.

La pleine-conscience à la rescousse

Désolée si je vous ai un peu plombée par la description de ces symptômes. Heureusement, il est possible de sortir de cet engrenage infernal avant qu’il ne soit trop tard. Vous n’êtes pas obligé·e d’attendre de vous prendre le mur pour ajuster votre direction. Et vous n’avez pas besoin non plus que les circonstances autour de vous changent, que ce que vous pensez être la cause de votre stress chronique, disparaisse, pour commencer à vous sentir mieux. Vous avez simplement besoin de changer de perspective. Cela vous est accessible dès maintenant, par quelques gestes simples comme :

  • ralentir sa respiration : en mode stress, notre souffle est court, ce qui est précisément le signal qui indique au cerveau qu’une menace est présente. S’il n’y avait qu’une seule chose à faire, ce serait celle-ci. Prendre quelques grandes et profondes inspirations. Détendre vos muscles crispés en expirant longuement. Permettre à votre corps d’éprouver un soulagement, même minime, suffira à activer votre système nerveux parasympathique (celui qui, contrairement au « sympathique », est chargé de détendre votre corps).
  • ralentir tout court : c’est paradoxal, mais quand les choses s’accélèrent, que les deadlines se multiplient et que vous vous sentez dépassé·e, la meilleure chose à faire, c’est de marquer une pause. Un cerveau qui turbine à plein régime est un cerveau qui commet des erreurs, qui n’est pas efficace, bref, qui file un mauvais coton. Ralentir pour faire le point sur les priorités et éliminer ce qui peut attendre, ce qui nous maintient dans l’urgence sans être nécessaire au moment présent : tous ces engagements ou ces tâches qui vous prennent de l’énergie et du temps alors que la terre ne s’arrêterait pas de tourner si par exemple, le repassage n’est pas fait le dimanche soir ou si vous vous faites livrer à manger pour une fois.
  • dormir : le sommeil est vital pour la régénération physique et psychique. En période de stress, on a tendance à carburer aux stimulants de toutes sortes pour « tenir le coup », alors que c’est justement en dormant qu’on reprend des forces (et au moins, quand on dort, on ne ressasse pas les mêmes idées noires en boucle). C’est difficile pour nous de prioriser le sommeil, notre société valorise tellement la productivité et nous encourage à multiplier les activités. On n’a pas envie de refuser des invitations, et psychologiquement, se coucher à 22h peut sembler impossible. Mais tout commence bel et bien là, par huit vraies heures de sommeil, pendant lesquelles votre corps pourra commencer à « réparer » les dégâts causés par les périodes de stress prolongé.

Le mode « Survie » n’est pas une façon durable de vivre, encore moins de s’épanouir. Si vous arrivez à calmer votre cerveau et votre respiration ne serait-ce qu’un peu, je peux vous assurer que sans rien changer à votre environnement, votre façon de voir les choses sera différente. Vous verrez des options qui ne se présentaient pas avant, vous aurez des idées nouvelles, vous arriverez à prendre du recul, et petit à petit, vous retrouverez votre confiance et votre capacité d’action. Il ne s’agit pas de nier les difficultés que vous rencontrez, mais d’ajuster votre réaction, afin de ne pas étouffer l’essentiel : votre intuition, la sagesse qui vous habite et qui vous permettra de vous sortir de n’importe quelle situation désagréable.

Bienvenue

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Kasia