Etre au chômage
23 octobre 2019

Pour la majorité d’entre nous, le chômage est comme le célibat : un spectre effrayant, une période de notre vie que nous tolérons à condition qu’elle ne soit pas trop longue. Quand elle se prolonge, nos pires craintes sur notre place dans la société et sur notre valeur en tant qu’être humain semblent confirmées. Les émotions qu’on éprouve alors – la honte, la culpabilité, l’échec – sont précisément ce qui nous empêche de vivre cette expérience pour ce qu’elle est (ou pourrait être) : un passage quasi-obligé dans toute vie professionnelle, l’opportunité d’un bilan et d’un changement de direction, voire, une période de (relative) insouciance et de repos bien mérité après des années en sur-régime. Que faire de ce blanc sur votre CV ?

Personnellement, j’ai connu les deux extrêmes du spectre. Une période de chômage de 9 mois très chill, qui m’a permis de me former à la photo. Et des périodes ponctuelles de chômage « technique » où, faute de clients, je n’avais pas de revenus, ce qui m’angoissait au plus haut point. 

La différence entre ces deux expériences tient à mes propres pensées et jugements sur la situation. Dans le premier cas, je me disais que c’était temporaire. Ça ne me dérangeait pas de vivre plus frugalement en attendant de poser les bases d’une nouvelle activité professionnelle. En plus, je vivais le début d’une histoire d’amour… Je me sentais insouciante et légère.

La fois suivante, rien n’avait fondamentalement changé. J’étais toujours dans la construction, toujours amoureuse, avec simplement une alternance de creux et de pleins. Sauf que là, j’ai très mal vécu les creux. Je me disais que ce n’était pas normal, que c’était sûrement le signe que je n’avais pas de talent et que mes parents avaient raison de me dire de chercher un « vrai » boulot.

A l’époque, je ne savais pas que c’étaient mes jugements qui me faisaient souffrir, qui me maintenaient dans la précarité et que ma façon de percevoir la « réalité » n’était qu’un miroir de mes peurs et de mes croyances. Je ne savais pas que la honte, la culpabilité et le sentiment d’échec que je trimballais étaient auto-infligés et complètement optionnels.

Maintenant, si je devais revenir en arrière et me coacher, ce n’est pas nécessairement ce que je me dirais en premier. Je n’essaierais pas de créer une pensée positive et de transformer la difficulté en aisance. Je m’autoriserais au contraire à éprouver les émotions les plus pénibles, à cesser de lutter contre elles comme si leur passage dans mon corps était une anomalie.

J’ai des souvenirs tendres et précieux de cette phase d’apprentissage entre 2011 et 2012. Mais la personne que je suis aujourd’hui, la femme, la coach mais aussi l’entrepreneuse, s’est construite grâce à mes fails répétés.

J’ai découvert en moi un endroit paisible et imperturbable, plein d’amour, de joie et de légèreté, accessible à tout moment et en toutes circonstances. J’ai développé des ressources qui seraient restées en dormance sans l’adversité qui les a conjurées. A force d’apprendre, d’échouer et de réessayer, j’ai fini par comprendre ce qui marche et ne marche pas. Autant de choses que je peux partager aujourd’hui avec d’autres personnes.

Grâce à cela, je me sens plus libre dans le choix de mes projets, de dire non ou stop. Je n’ai plus peur de me retrouver au chômage, à découvert ou de ne pas partir en vacances. La pire chose qui puisse jamais nous arriver, ce sont nos propres pensées. Ça tombe bien, c’est la seule chose que nous pouvons maîtriser.

PS : et si ça ne vient pas naturellement, sachez que c’est un art qui s’apprend par le coaching 😊 Mailez-moi pour une consultation gratuite kasia@allislove.fr

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