Sélectionner une page
Faut-il aimer sans conditions ?
22 mai 2018

TEXTE

C’est un de ces articles où je vous donne ma réponse dès l’intro, des fois que vous soyiez en mode #pasletemps alors que moi j’aime bien le prendre, justement. Parce que ça me fait tellement plaisir de vous écrire que j’ai envie de le faire durer 😛 Bon alors, faut-il aimer sans conditions ? l’amour inconditionnel, Yes or No ? Pour faire court : je ne sais pas si on peut vraiment parler d’amour s’il y a des conditions pré-requises… Je t’aime, ok, mais si et seulement si tu remplis un cahier des charges bien spécifique, tel que : “me faire sentir bien”, “me rendre heureux-se”, “faire ce que je veux”, “donner des nouvelles”, “savoir ce qui me fait plaisir sans que j’aie besoin de le demander”, “voter comme moi”, “avoir les mêmes goûts musicaux”, et pour peu que tu ne me donnes pas entière satisfaction, je te retirerai mon affection via une punition de mon choix, silent treatment, cold shoulder, reproche, culpabilisation ou tout simplement refus de continuer de te traiter comme un être humain. Dit comme ça, ça ne fait pas trop envie, hein ? Mais alors pourquoi écrire tout un article à ce sujet ? Parce que 1) l’amour inconditionnel fait (très, très) peur 2) l’amour “conditionnel” est plus “rassurant”, moins engageant, du coup, très souvent, c’est notre première façon d’aimer…

Pourquoi l’amour inconditionnel fait peur ?

Je crois qu’au fond de nous, nous aspirons tous à aimer et à être aimés de façon inconditionnelle, c’est-à-dire :

1) aimé-e-s pour qui nous sommes, pas pour ce que nous “faisons”, le rôle que nous jouons pour faire plaisir aux autres, nous n’avons pas envie de devoir faire des acrobaties pour “mériter” l’amour, tel un chien de cirque qui marche sur ses pattes arrière pour avoir une croquette…

2) aimé-e-s tel-le-s que nous sommes, dans nos bons et nos mauvais jours, dans la loose comme dans la win, nous n’avons pas envie que nos difficultés, nos faiblesses, nos émotions, soient retenues contre nous.

3) sans nous sentir contraint-e-s par ce lien, en étant libres de penser, dire, faire ce qu’on veut, changer d’avis, ne pas être d’accord, partir, et que ce soit Ok.

Pourquoi ça fait peur alors ? Parce qu’on confond souvent :

  • amour inconditionnel & engagement éternel, comme si en acceptant de donner ou de recevoir cet amour, je me liais à vie avec toi, avec un “devoir” à remplir envers toi ou en me sentant redevable, sans possibilité de “rompre” ou de modifier la relation.
  • amour inconditionnel & acceptation totale, comme si aimer quelqu’un ça voulait aussi dire accepter d’être mal traité-e, violenté-e, insulté-e, non-respecté-e, au prétexte de l’argument insidieux “si tu m’aimes vraiment, tu dois aussi accepter que je suis quelqu’un qui frappe / insulte / ne te respecte pas / te ment”

Breaking News #1 : on peut choisir d’aimer quelqu’un sans avoir de relation ou même d’interaction avec. On peut ”aimer de loin”. On peut mettre fin à une relation tout en continuant de respecter la personne, sans la haïr, en voulant le meilleur pour lui/elle, en se réjouissant de toutes les bonnes choses qui lui arrivent, sans prendre ses succès pour un échec personnel.

Breaking News #2 : on peut aimer quelqu’un inconditionnellement, sans pour autant aimer tous ses comportements. J’aime mon chien, mais je refuse qu’il fasse ses besoins dans la maison. C’est non-négociable. Si on se dispute et que tu m’insultes sous le coup de la colère, ça ne va pas me plaire. Je ne vais pas cesser de t’aimer pour autant (= te respecter, me soucier de toi, apprécier ton être entier) mais je n’accepterai pas que ce comportement continue. Et si tu ne changes pas de comportement, je mettrai fin à notre échange, voire à notre relation – sans pour autant te détester, bitcher sur toi, te rendre responsable de tous les maux. C’est aussi simple que cela. Encore faut-il accepter que l’autre n’est jamais responsable de ce que je ressens (teaser : un article est en préparation sur l’indépendance émotionnelle).

Les conditions pour aimer sans conditions

Aimer sans conditions, même si la façon la plus “naturelle” d’aimer, n’est toujours pas la plus évidente. Notre premier réflexe est de nous protéger. Nous sommes tellement pétri-e-s de peurs diverses : peur d’être quitté-e, rejeté-e, ignoré-e, de donner trop, de ne pas recevoir assez, de revivre les blessures et les échecs du passé, que nous créons des “règles” qui nous rassurent et qui conditionnent notre affection. Si l’autre m’aime, alors il/elle fera ou dira telle ou telle chose (ce qui inclut la réciproque : s’il/elle ne fait pas ceci ou cela, alors il/elle ne m’aime pas vraiment). Si l’autre ne me rend pas heureux-se, alors je suis en droit de lui retirer mon amour. S’il/elle m’a fait du mal, j’ai le droit de lui faire mal à mon tour. Oui, c’est votre droit. C’est même humain et c’est toujours possible. Mais la seule personne que vous punissez en faisant cela, la seule personne que vous blessez, c’est vous-même. Le paradoxe étant que, pour accéder à l’amour inconditionnel, plusieurs pré-requis sont nécessaires :

  • savoir donner et recevoir de l’amour (si toute sa vie, on n’a reçu que de l’amour conditionnel, il n’est pas étonnant que ça soit le modèle par défaut – heureusement, on peut en changer !)
  • s’aimer assez pour connaître, communiquer et faire respecter vos limites (ex : en ce qui concerne la violence ou l’irrespect)
  • reconnaître qu’à tout moment, on est seul-e responsable de soi, de ses pensées, de son bien-être, et que l’autre ne peut ni me rendre heureux-se ni malheureux-se sans ma participation.
  • renoncer à vouloir contrôler ou changer l’autre, à vouloir qu’il/elle soit autre qu’il/elle n’est.

Ce qui se passe quand on aime inconditionnellement

Si vous avez lu jusqu’ici : génial, je vous kiffe ! et aussi, accrochez-vous car ça va vraiment balancer du love, là ! Quand je parle d’amour inconditionnel, c’est une qualité d’engagement et de présence envers l’autre, qui se pratique au jour le jour, à laquelle nous n’avons pas toujours accès, moi la première, parce que nous sommes humains, parce que nous apprenons chaque jour, et que souvent, il faut tomber beaucoup pour apprendre à se tenir debout. Soyons bienveillant-e-s avec nous-mêmes (l’amour inconditionnel commence ici) : nous faisons tous de notre mieux pour être des gens bien, nous souhaitons tous trouver le bonheur (et l’amour, et le succès), mais c’est un long chemin. Cependant, quand on a enfin accès à cette capacité de donner et de recevoir de l’amour sans y poser la moindre condition, des trucs formidables se passent :

  • on découvre le bonheur et la joie d’aimer l’autre pour son “être” et pas pour le rôle qu’il/elle joue dans notre vie, aka “the real deal”, où donner de l’amour peut même être meilleur que recevoir l’amour
  • on se rend compte qu’il n’y a pas lieu d’avoir peur, et que cet amour-là est infini, il ne peut pas s’arrêter, il ne peut pas nous faire de mal (un bon truc pour reconnaître si c’est un amour conditionnel ou inconditionnel : quand ça pique, quand ça pince, quand ça fait mal, c’est que ça ne part pas du bon endroit)
  • on réalise que l’amour est un choix et que si on enlève la “condition” de la relation, on peut aimer tout le monde : les inconnus dans le métro, les gens de la salle de concert, même ceux qu’on ne connaît pas.

De l’amour inconditionnel à l’amour « universel », il n’y a qu’un pas. Pourquoi aurait-on envie d’aimer des gens qu’on ne connaît pas, me direz-vous ? Parce qu’aimer est le sentiment le plus délicieux au monde et que toutes les occasions sont bonnes pour s’en nourrir, that’s why 🙂

Bienvenue

Bienvenue

Vous avez des idées, des envies, des projets plein la tête, mais du mal à passer à l’action ? Vous êtes au bon endroit !

Vous découvrirez comment dépasser le stress, le doute et la procrastination, accéder à vos talents cachés et créer tout ce dont vous rêvez 🖤

Kasia