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La tristesse est bonne pour la santé (mentale)
16 avril 2019

La tristesse fait partie, avec la joie, la colère et la peur, des quatre émotions élémentaires. C’est peut-être celle que nous avons le plus de mal à accepter, en nous comme chez les autres. On s’empresse de (se) consoler, soit en niant la perte vécu (« on peut reconstruire, remplacer »), en minimisant sa valeur (« c’est juste du matériel, ce n’est pas grave ») ou en dévalorisant l’émotion elle-même (« ça ne sert à rien de pleurer »). On ne supporte pas quand elle s’éternise, mais on trouve étrange à l’inverse quand elle ne s’exprime pas dans les moments convenus à cet effet. Pourquoi fait-elle aussi peur et qu’est-ce qu’elle a à nous apporter ?

Triste par choix ?

 

La tristesse et les états qui lui sont associées (deuil, dépression, chagrin, etc.) effraient parce qu’on a l’impression de les subir. Pourtant, elle vient toujours de nous et non des événements eux-mêmes.

Elle est créée par :

1) la valeur que nous accordons aux personnes et aux choses perdues : plus grande la valeur, plus grande sera la tristesse
2) notre jugement sur cette perte, selon qu’elle nous semble irréversible, définitive et/ou préjudiciable (et qui est relatif).

La tristesse est un sujet très intime : il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises raisons d’être triste, il n’y a que nos raisons à nous. C’est toujours intéressant, et révélateur de nos propres valeurs, de se demander ce qui nous rend tristes exactement.

Qu’avons-nous le sentiment d’avoir perdu ? Cela nous dit à quoi nous sommes attachés. A nous de valider cet attachement ou non. Je veux pouvoir éprouver du chagrin quand je perds un ami ou un parent, mais je ne souhaite m’attrister de la perte de quelque chose qui est remplaçable.

 

Faut-il se consoler ?

 

Partant de ce principe, on peut être tenté de complètement éliminer la tristesse de sa vie. Puisque mes pensées créent mes émotions, je vais penser des choses qui ne vont pas créer de tristesse, comme ça je n’aurai jamais à la vivre. En théorie c’est possible, mais en pratique, c’est presque impossible et pas vraiment souhaitable.

Remarquez comme nous sommes rapides à vouloir nous consoler, à positiver, à vouloir passer à autre chose le plus vite possible. Pourquoi avons-nous tellement peur d’être tristes ? Une émotion, aussi désagréable soit-elle, n’est qu’une vibration dans le corps. Vivre son émotion, c’est tout simplement ressentir sa présence dans notre corps, sans la juger, sans essayer de la chasser, de la retenir par une histoire autour.

Souvent, en tentant de la fuir ou de la bloquer, nous nous faisons plus souffrir qu’en acceptant de la laisser nous traverser.

 

Les ‘bienfaits’ de la tristesse

 

C’est une émotion porteuse de leçons essentielles qui nous font grandir. En nous forçant à marquer un temps d’arrêt, elle nous permet de prendre du recul sur notre quotidien, de nous interroger sur ce qui a du sens pour nous et de nous repositionner si nos actes ne sont pas complètement alignés avec nos intentions.

Source de créativité, la tristesse a inspiré beaucoup d’oeuvres d’art. Cela ne veut pas dire qu’il faille être triste pour créer, mais c’est une émotion qui nous pousse souvent à nous exprimer de façon symbolique, sous forme de texte, de chanson ou de dessin, comme pour l’évacuer (ou « sublimer »).

La tristesse permet ainsi de créer du lien. On peut être touché par la tristesse de quelqu’un (ou d’une oeuvre d’art, justement) même quand on n’est pas impacté par l’événement lui-même. Elle nous pousse à nous rassembler, à montrer de l’empathie et donner de l’affection à nos proches. Elle nous permet d’accéder à notre humanité.

C’est paradoxal, mais notre capacité à aimer et à vivre la joie est d’autant plus grande qu’on sait aussi accueillir le chagrin et la perte. L’un ne va pas sans l’autre. Chaque fois qu’on nie la tristesse, ou toute autre émotion « négative », on diminue aussi notre capacité à éprouver des émotions positives – ce qui peut nous pousser à les stimuler artificiellement (alcool, drogues, junk food, etc.).

 

***

La prochaine fois que vous serez face à la tristesse, marquez un temps d’arrêt pour vous demander ce qu’elle a à vous apprendre. Parfois, en l’interrogeant, vous découvrirez que ce que vous pensiez perdu, ne l’est pas vraiment. L’objet n’est peut-être plus là, la personne que vous aimiez est peut-être partie, mais l’amour que vous éprouvez sera toujours présent pour vous et en vous. « Rien de ce qui est réel ne peut être détruit ».

Bienvenue

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Kasia