Êtes-vous perfectionniste du bien-être ?
2 octobre 2018

La « Wellness » est devenue mainstream. Les rayons de la Fnac se remplissent d’ouvrages de développement personnel. Des magazines dédiés à la pleine conscience et à la créativité viennent relancer l’industrie de la presse écrite. Les coachs sportifs, comme Lucille Woodward ou Erwann Menthéour, deviennent des people. D’un côté, je suis très contente que ce mouvement trouve enfin un écho auprès du grand public. Je peux enfin acheter les livres de Joe Dispenza ou de Deepak Chopra sans rougir. Je trouve des options véganes ou sans gluten plus facilement dans les restos… Et puis ce blog (!) qui n’est pas là tout à fait par hasard. D’un autre côté, j’observe la montée en force de nouveaux standards du bien-être, photos Instagram à l’appui, qui font péter des carcans pour mieux en imposer d’autres. Buvez du jus de citron à jeun ! Levez-vous à 5h tous les matins ! Méditez pendant 20 minutes ! Supprimez le sucre de votre alimentation ! La liste des choses « à faire » pour, paraît-il, ne pas mourir d’un cancer à 45 ans, ne cesse de s’allonger… Certains, découragés par la montagne à déplacer, s’enferment dans le déni (« De toute façon on va tous crever !»), quand d’autres frôlent l’orthorexie (« désolé, je ne bois que de l’eau qui a été infusée dans des cristaux »). Ce qui est sûr, c’est qu’on peut vite se sentir coupable ou angoissé·e de ne pas en faire assez. Et une nouvelle dose de stress, tiens ! Il s’agissait plutôt de le réduire, celui-là… Alors que faire quand la quête du bien-être nous fait du mal ? Prenez une grande inspiration déjà, et lisez cet article.

Avoir de la compassion

Nous sommes en train de changer de paradigme (écologique, géopolitique, socioprofessionnel, …). C’est fascinant mais aussi très angoissant. Il n’y a pas de solution aisée et les données sont complexes. Les découvertes autour de la nutrition, de l’épigénétique et des neurosciences nous apportent sans cesse des informations qui remettent en cause nos habitudes de vie les plus solidement ancrées (comment ça, passer 8h sur une chaise peut me tuer ?). C’est le moment de faire preuve d’un peu de compassion envers vous-même. Ça veut dire accepter d’être déboussolé·e, perplexe voire inquièt·e. Changer ses habitudes prend du temps. Autorisez-vous une période de flottement et d’expérimentations, d’échecs et de retours à la case départ. C’est à force de tester ce qui ne marche pas que vous trouverez la formule qui vous convient.

Ne pas juger

Peut-être qu’il est devenu évident pour vous que manger de la viande est une aberration écologique et sanitaire, que la méditation fait un bien fou, que vous êtes plus productif·ve quand vous vous levez avant 6h. De là à le marteler à qui veut l’entendre… Tout le monde n’en est pas au même stade et personne n’aime s’entendre dire ce qu’il/elle devrait faire. A trop prêcher, vous risquez surtout de nourrir la résistance au changement (parce qu’on a tous un petit côté rebelle). Si vous vivez vos convictions à fond, vous serez de toute façon une source d’inspiration pour votre entourage, qui ne manquera pas de vous demander votre « secret ».

Viser petit

Mieux vaut une petite amélioration mais qui sera durable, qu’un changement drastique qui ne durera que le temps que votre énergie s’essouffle. Perso, j’ai commencé par avoir une approche maximaliste de la chose (en arrêtant de manger de la viande du jour au lendemain par exemple), mais je préfère désormais viser la pérennité du geste et y aller par paliers. Que ce soit faire du sport, écrire un roman, méditer ou vous lever plus tôt, identifiez d’abord le geste ou la durée minimum que vous vous sentez capable de faire. Commencez dès aujourd’hui, refaites le demain en augmentant un peu, et ainsi de suite, jusqu’à votre objectif. C’est comme ça que je me suis remise à courir, moi qui détestais ça avant (j’y allais en me forçant), je me suis autorisée à ne courir que 10 minutes au début, puis 15 puis 20, etc. Et maintenant, c’est « Arrête-moi si tu peux ».

Y prendre du plaisir

Ça paraît évident mais la dimension plaisir est souvent occultée alors que c’est foncièrement le but : se sentir bien dans sa peau, dans son corps, dans sa tête. Peu importe qu’ils soient bourrés de nutriments et de vitamines, si boire des jus de kale vous dégoûte, je vous le déconseille. Commencez par un smoothie sans sucres ajoutés, puis un jus avec des légumes. Quand vos papilles auront été « recalibrées » et sevrées du sucre, le même jus de kale+pomme+céleri vous paraîtra très rafraîchissant et agréable. #Truestory. L’idée n’est pas tant d’éviter la moindre difficulté – il y aura toujours des challenges et des caps à passer – mais de choisir une activité / alimentation « santé » qui vous fait réellement plaisir. J’ai du mal avec la méditation par exemple, il y a quelque chose qui me semble encore artificiel dans l’idée de me mettre en tailleur et de ne rien faire pendant 10 minutes. En revanche, j’adore méditer allongée en savasana, après une séance de yoga. Là, c’est un délice et on n’a pas besoin de me forcer.

Respirer

C’est « facile » d’être zen quand on est à l’abri du quotidien dans une retraite en pleine nature (ou tout autre kif perso). C’est néanmoins dans le métro parisien, en heure de pointe, que vos compétences en méditation vous seront les plus utiles. Car le stress est à la vie ce qu’est la pluie en région parisienne : un élément incontournable du paysage. Un peu de stress fait du bien : il dynamise, active les neurones, rend plus créatif et plus vif. C’est quand il tourne en roue libre que ça devient désagréable, au moins autant que le bruit du moteur quand vous appuyez sur la pédale d’accélération sans embrayer. C’est ni plus ni moins un signal qu’il faut pas continuer en ce sens. Quelques « inspire-expire » profonds suffisent souvent à redescendre en pression et à mater ce stress qui prend toute la place quand on ne lui donne pas de limite.

Renoncer à la tyrannie du bien-être

Il arrive que la meilleure chose qu’on puisse faire parfois, c’est d’accepter d’aller ou de faire mal. Qu’il n’y a rien d’anormal à se sentir comme une merde, à se faire une orgie au domac et à détester sa vie. Il n’y a pas d’un côté un « moi » acceptable quand il est joyeux, positif, productif,  qui mange clean et fait 1h de sport par jour, et de l’autre côté un « moi » dégueulasse, indigne d’amour, honteux, paresseux, bouffeur de gluten, à ensevelir sous terre. En théorie, on le sait que personne n’est parfait. Et pourtant on se sent un peu trahi·e quand sans raison, le moral redescend dans les chaussettes, qu’on se lève du mauvais pied et qu’on a la flemme d’écrire dans son Gratitude Journal. Vous pouvez choisir de vous aimer même quand vous ne cochez pas touts les cases sur la Wellness list. L’amour ne se « mérite » pas, il ne se gagne pas à coups de points bonus, de bonnes actions. Il se donne car il est toujours là, à disposition, en quantité infinie. Tiens, prends un peu si tu veux. 🤗🤗🤗

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