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Peut-on aider quelqu’un à se sentir mieux ?

10 juin 2018

Traitez-moi d’incorrigible optimiste mais je crois que l’être humain a foncièrement bon fond. Nous nous soucions du bien-être de nos proches. Nous aimons nous sentir utiles. Quand nous voyons quelqu’un qui souffre, nous sommes touchés. Selon les personnes, cela se manifeste de différentes façons – certains vont se démener pour trouver des solutions, d’autres vont faire pleuvoir les câlins et les mots gentils, certains vont préférer laisser la personne tranquille, faute de savoir que faire. C’est plus délicat qu’il n’y paraît, d’aider quelqu’un. Surtout quand cette personne est confrontée à une situation qui nous dépasse (un deuil ou un diagnostic grave, par exemple). Combien de maladresses commises en “pensant bien faire” ? Nous sommes les premiers à nous agacer parfois des gens qui essaient de nous consoler à coup de formules toutes faites, comme si notre blues leur était insupportable. Le fait est que nous ne savons pas de quoi les autres ont besoin, et nous n’avons pas de réel pouvoir sur leurs émotions. Nous avons déjà assez de mal à savoir ce qui est bon pour nous-mêmes. Donc : non, je ne pense pas qu’on puisse aider quelqu’un à se sentir mieux. Ce n’est qu’une fois qu’on a accepté ça qu’on peut réellement commencer à aider. Voici pourquoi.

On n’a pas de pouvoir sur autrui.

Pour aider quelqu’un à se sentir mieux, il faudrait qu’on ait un pouvoir sur cette personne, qu’on puisse, à notre gré, lui faire éprouver des émotions agréables et désagréables. Ça, je ne crois pas que ce soit possible. Je crois que chacun est la source de ses propres émotions.

Imaginons. Quelqu’un insulte une autre personne, qui dit s’en trouver blessée. Oui, cette personne est blessée, c’est vrai, mais pas par les mots de l’autre : par la signification qu’elle accorde à ces mots, peut-être par la résonance qu’ont ces mots en elle. Parce qu’une autre personne, face à ces mêmes mots, partira dans un éclat de rire ou haussera les épaules avec indifférence (souvenir d’une femme bourrée dans le métro qui insultait chaque personne qui croisait son chemin).

Personne ne peut vous blesser sans votre accord. Si c’est vrai dans un sens, c’est vrai aussi dans l’autre. Ces mêmes mots : “Toi, je te kiffe !” ne trouvent pas le même écho selon qu’ils viennent de quelqu’un qui compte beaucoup pour nous ou de quelqu’un dont l’opinion nous importe peu.

Alors, si on a vraiment envie d’aider notre ami-e, il faut commencer par accepter que nous ne pouvons pas remplacer son émotion par une autre, plus positive. Et c’est une très bonne chose, à plus d’un titre.

Pourquoi c’est une bonne nouvelle

Déjà, toute souffrance n’est pas négative. Ce n’est certes pas agréable d’avoir mal, mais parfois, c’est nécessaire pour progresser, avancer, et découvrir de nouvelles sources de bonheur et de joie. Vouloir appliquer un “pansement” de consolation sur une plaie de l’âme, c’est parfois se priver, ou priver l’autre, d’une opportunité d’apprendre quelque chose d’important.

Savoir que je ne suis pas responsable de l’état émotionnel de mon ami-e ou de mon parent m’enlève une pression de dingue. Sans objectif, pas de pression de résultat qui pèse, ni sur moi, ni sur l’autre. Inutile de culpabiliser si je suis heureux et l’autre ne l’est pas, même si parfois, c’est plus facile à dire qu’à faire…

Quand j’étais enfant, je pensais que ma “mission” était de rendre mes parents heureux. Chaque fois que ma mère avait un coup de blues ou que mon père avait des soucis, je me sentais mal et défaillante. Ce sentiment de “responsabilité” m’a accompagnée jusque dans ma vie adulte. J’ai développé beaucoup d’anxiété autour de ça, avec une tendance à me sentir coupable pour rien, à ne pas m’autoriser à être heureuse tant que tout le monde autour de moi ne l’était pas…  Heureusement, depuis, il s’est passé mal de choses qui m’ont permis de dépasser ça (enfin je pense !), mais je crois que pas mal de gens peuvent se reconnaître dans ces automatismes qui nous gâchent la vie.

Ça rend aussi service à l’autre, de ne pas se mettre toute cette pression. Pour m’être trouvée des deux côtés de la balance, celle qui console et celle qui se désole, c’est hyper pesant quand votre entourage s’inquiète pour vous et ne comprend pas pourquoi vous êtes aussi triste / déprimé-e / en colère / apathique. Je n’avais pas envie de gérer le désarroi de mes proches en plus de mon propre mal-être. J’avais l’impression de les décevoir en n’étant pas au top de ma forme (ah ah le retour en snake de la culpabilité !). Parfois, je faisais semblant tout simplement pour qu’ils ne soient pas trop tristes à cause de moi (that’s a thing, ouais…).

Alors qu’est-ce qu’on peut faire ?

Si, on ne peut pas rendre quelqu’un heureux, que peut-on faire ? Plein de choses ! On peut donner de son amour, de son temps, de sa lumière. Sans attentes de résultats ou de reconnaissance. Pas par culpabilité ou par “devoir” mais parce que ça nous fait plaisir (on ne fait que ce qu’on veut, remember ?). Il y a tellement de façons de montrer à quelqu’un qu’on l’aime et qu’on le soutient ! Voici quelques suggestions, mais vous pouvez ajouter à cette liste.

Être présent-e.

Dans la mesure de ses possibilités / disponibilités. Un petit texto peut faire très plaisir. Un coup de fil encore plus ! et un vrai tête à tête avec, pourquoi pas, un méga hug à la clé, c’est royal . Juste faire sentir à l’autre qu’on pense à lui/elle. Et que même si on ne peut pas être toujours physiquement là, on est quand même “là”.

Être à l’écoute.

Plutôt que d’essayer de solutionner. Ou de faire des comparaisons (“c’est comme ma collègue, qui…”).  Poser des questions, quand c’est approprié, non pas pour satisfaire sa curiosité mais pour aider l’autre à mettre des mots sur ce qu’il/elle vit, et lui permettre une première mise à distance.

Être bien soi-même.

Son happy self. C’est une drôle d’idée au fond que de croire qu’il est malpoli d’être heureux face à quelqu’un qui est triste. On n’est pas obligés de tirer une tronche de 2m “par solidarité”… Je crois même que c’est l’inverse. La joie est très contagieuse, et un fou rire est un excellent anti-dépresseur, même quand on en est juste spectateur

Laisser l’autre être soi-même.

Son unhappy self. L’accepter telle qu’il/elle est, à ce moment (ce qui ne veut pas dire tout tolérer… ). Ne pas lui faire sentir que “c’est bon, au bout de six mois, il faudrait passer à autre chose” ou que “vous l’aviez prévenu-e que ça se terminerait comme ça…”. Ne pas avoir besoin qu’il/elle soit “bien” pour nous sentir bien. C’est peut-être l’une des plus belles façon d’aider quelqu’un.

Bienvenue

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Kasia