Sélectionner une page
Peut-on ne faire que ce qu’on veut ?
7 mai 2018

Est-il possible de se débarrasser de toute contrainte ? Vous avez 4h… Haha. J’ai toujours pris la philo très à coeur, mais genre, au pied de la lettre. J’y vois plus qu’un simple jeu conceptuel, les réponses m’intéressent vraiment parce que ce sont des questions que je me pose dans ma propre vie. Je ne crois pas qu’il existe des réponses absolues et définitives d’ailleurs. Le principal je crois, c’est de choisir les idées qui vous permettent de vous sentir bien et de vivre mieux. Cette semaine, l’idée que j’ai envie de mettre à l’honneur et de partager avec vous est celle d’une vie sans contrainte, où on ne fait que ce qu’on veut.

La Contrainte VS les ContrainteS

Cette idée est subversive car elle remet en question tout ce qu’on a appris sur le devoir et le travail et j’entends la levée de boucliers, à commencer par ma propre résistance.

« Comment ça, une vie sans contraintes ? Comment ça ne faire que ce qu’on veut ? Déjà, ce n’est pas possible ! Si tout le monde faisait ça, ce serait l’anarchie… Et puis la vie n’est pas un long fleuve tranquille, il y a forcément des trucs chiants à faire, comme payer ses impôts ou aller bosser ! Qu’est-ce que c’est que cette idée saugrenue ? »

Alors, je précise du coup que le singulier du mot contrainte a son importance  : c’est le sentiment de contrainte, vs, les contraintes de la vie, ses difficultés, ses pénibilités. Je ne dis pas du tout qu’il faut se débarrasser de tout ce qui est difficile (ce serait dommage, même, ça nous enrichit tellement), j’affirme en revanche qu’on peut éliminer tout sentiment de contrainte et ne faire que ce qu’on veut.

Nous avons toujours le choix

Pour cela, un petit rappel s’impose : nous sommes libres. Libres de nous soumettre ou de nous rebeller, libres de choisir nos pensées et nos opinions, libres de nous exprimer, quand bien même ce serait seulement en notre for intérieur. Nous avons tendance à l’oublier. La faute peut-être à notre vocabulaire ? Tous ces “il faut que” et les “je dois” qu’on emploie de façon automatique, sans réaliser que cette façon de poser les choses nous enferme dans l’illusion que nous ne sommes pas libres.

En plus d’être fausse, cette illusion est douloureuse. Rien n’est jamais aussi pénible que ce qu’on se force à faire. Rien ne nous prive autant de notre plaisir et de notre joie de vivre que la contrainte. Même avoir un orgasme devient une corvée anxiogène quand on part du principe qu’on “doit” nécessairement jouir à chaque rapport. Face à la contrainte, nous nous sentons démunis, sans pouvoir, ballotés par la vie, ce qui nous fait oublier une autre vérité essentielle : comme nous sommes libres, nous avons toujours le choix.

Exemples

“Attends attends, Kasia, quand mon bébé se réveille au milieu de la nuit, je n’ai pas d’autre choix que de me lever pour aller voir ce qui se passe.”

“Attends, t’es gentille, mais si j’arrête d’aller bosser, comment je fais pour payer mon loyer et mes courses ?”

Prenons l’exemple du bébé qui pleure dans la nuit. Rien ne vous oblige à vous lever contre votre gré. Aucun mécanisme de coercion qui va activer vos bras et vos jambes ou vous tirer par les cheveux.  En réalité, plusieurs options se présentent à vous :

  1. mettre des boules quiès et vous rendormir
  2. donner un coup de coude à votre partenaire parce que c’est “son” tour d’y aller
  3. attendre que votre bébé se calme tout seul
  4. vous lever et aller le voir

Si vous avez choisi la réponse D, demandez-vous pourquoi ? Qu’est-ce qui vous motive à sortir de sous la couette à 3h du matin ? Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses, il y a seulement celles qui vous font du bien et les autres.

  • Parce que sinon, je suis un mauvais père / une mauvaise mère.
  • Parce que sinon, je vais traumatiser mon enfant.
  • Parce que si je ne le fais pas, l’autre ne le fera pas.
  • Parce que j’ai envie de répondre aux besoins de mon enfant.
  • Parce que j’aime nourrir mon enfant.
  • Parce que m’occuper de mon enfant me fait plaisir.
  • Parce que je suis en paix quand mon enfant dort bien.

Deuxième exemple : faire sa déclaration d’impôts (ou n’importe quelle démarche administrative…). Rien ne vous oblige à déclarer vos revenus. Ce n’est pas comme si le fisc allait débarquer le lendemain du délai de déclaration légal pour vous taper sur les doigts. Alors pourquoi le faites-vous ?

  • Parce que je n’ai pas envie de payer de pénalités de retard.
  • Parce que tout le monde le fait.
  • Parce que je serai tranquille quand j’en serai débarrassé.
  • Parce que c’est la loi et j’accepte de me soumettre à la loi.
  • Parce que j’accomplis un service civique.
  • Parce que mes impôts vont financer des écoles, la construction de routes, l’embauche de personnel, et que ça me plaît de contribuer à cela.

L’interdiction ou la contrainte négative

La contrainte fonctionne aussi à l’envers : il ne s’agit pas de “se forcer” certaines choses mais de s’en interdire certaines “sous prétexte que…” suivi d’une liste abondante d’excuses.

Exemple 1 : j’ai envie d’écrire un roman mais je ne le fais pas parce que (réponses possibles)

  • je n’ai rien d’intéressant à dire
  • personne n’aura envie de me lire de toute façon
  • on ne peut pas vivre de sa plume
  • je n’ai pas le temps
  • je n’ai pas d’inspiration
  • j’attends de trouver mon sujet
  • je préfère tester d’autres formes d’expression personnelle : la peinture, la photo, le dessin…
  • je travaille à un autre projet personnel important qui est ma priorité
  • ce n’est pas encore le moment mais ça va venir
  • tiens, et si je le faisais ?

Exemple 2 : je déteste mon travail mais je ne démissionne pas parce que

  • je ne sais pas quoi faire d’autre
  • je suis terrifié-e à l’idée de me retrouver au chômage ou sans revenus
  • je ne suis pas sûr-e de trouver mieux
  • j’ai des dettes immenses à payer
  • je devrais m’estimer heureux-se d’avoir déjà ce job
  • c’est le seul job que je suis capable de faire
  • c’est la seule boîte qui a accepté de m’embaucher
  • je n’arrive même pas à concevoir que mon travail puisse me rendre heureux
  • le travail, c’est censé être dur et fastidieux
  • parce que la vie est souffrance, je souffre, donc je suis

“It’s time for me to unchoose that choice”

Si vous faites cet exercice, vous allez vous rendre compte que vous avez toujours plusieurs options qui se posent à vous, et pas l’unique “je dois absolument…”, “il faut que je…” qui nous contraignent. Cette simple réalisation peut suffire à apaiser votre frustration, dans une situation perçue comme contraignante. Mais cela ne suffit pas toujours. Que faire alors ? Admettons que vous êtes allé-e au bout de la démarche, que vous êtes face à votre liste de raisons, que rationnellement vous comprenez que ce ne sont pas de “bonnes” raisons (= des raisons qui vous font du bien), mais vous ne savez pas comment faire autrement, comment changer votre état d’esprit, comment vous assouplir de façon à percevoir d’autres options possibles, et la perspective de changements drastiques vous rend juste encore plus angoissé-e que la situation elle-même.

Tout d’abord, c’est OK. Vous êtes là où vous avez besoin d’être. Vous vivez l’expérience que vous avez besoin de vivre pour apprendre et progresser, même si celle-ci est douloureuse. Mais n’oubliez pas qu’à tout moment, vous pouvez choisir une autre option.

Pour ne pas l’oublier, je vous propose un exercice de recadrage par le vocabulaire. Il n’y a rien à faire, juste de changer la syntaxe de votre pensée en rajoutant “Je choisis de (faire quelque chose) ou “Je choisis de penser que… (votre pensée négative)” devant votre pensée / émotion du moment et “et c’est mon droit.

  • Je choisis de penser que je n’ai pas d’autre choix que de faire ce boulot de merde.
  • Je choisis de penser que je ne trouverai pas d’autre compagnon/compagne si je me séparais, et c’est mon droit.
  • Je choisis d’en vouloir à cette personne pour ce que j’estime qu’elle m’a fait, et c’est mon droit.
  • Je choisis de penser que je suis nul-le, et c’est mon droit.
  • Je choisis de penser que tout ça c’est de la merde, et c’est mon droit.

Si l’absurdité de votre “choix” vous frappe, vous indigne ou vous met en colère, c’est très bon signe ! Le principal c’est de prendre conscience que personne d’autre que vous-même ne vous impose ces pensées, personne d’autre ne peut faire ces choix à votre place. Et un jour, vous arriverez peut-être à la même conclusion que Shoshanna Shapiro dans Girls.

shoshanna girls hbo unchoose that choice

Vivre sans contrainte, cela n’est donc pas une vie passée à fuir toute responsabilité, tout engagement et toute expérience “désagréable”. Il s’agit simplement d’être pleinement conscient-e que nos expériences découlent de nos choix, et que ces choix pourraient un jour être différents.

Bienvenue

Bienvenue

Vous avez des idées, des envies, des projets plein la tête, mais du mal à passer à l’action ? Vous êtes au bon endroit !

Vous découvrirez comment dépasser le stress, le doute et la procrastination, accéder à vos talents cachés et créer tout ce dont vous rêvez 🖤

Kasia